Les villes nouvelles de Casa à  la traîne

Des lenteurs administratives empêchent le démarrage de Aïn Harrouda.
Pour Nouaceur, l’Agence urbaine cherche des partenaires financiers pour
activer le projet.

L’Agence urbaine de Casablanca réactive ses projets de création de villes nouvelles : Aïn Harrouda et Nouaceur. Mais comparativement au dynamisme montré par le ministère de l’Habitat pour le lancement de deux villes nouvelles dans les régions de Marrakech et de Rabat, Casablanca semble relativement en retard. Certes les élus de la région, les représentants des collectivités locales et la CDG (Caisse de dépôt et de gestion), organisme chargé de l’aménagement, ont déjà signé le protocole d’accord pour la création de la ville nouvelle de Aïn Harrouda. Mais, il manque le sceau du wali de Casablanca et celui du gouverneur de Mohammédia, ainsi que l’aval de l’Administration, en l’occurrence le ministère des Finances, pour le compte des Domaines, et le ministère de l’Intérieur.

Sur les 1 900 ha prévus pour Aïn Harrouda, seulement 300 appartiennent à l’Etat
Pour éviter la spéculation, le plan d’aménagement de la zone en ville-satellite ne sera définitivement arrêté qu’après que la CDG aura élaboré son projet et défini les différentes phases et le timing. Cette démarche s’explique par le fait que sur les 1 900 ha de la réserve foncière destinée à la nouvelle ville, seulement 300 appartiennent aux Domaines, le reste étant la propriété de privés. Du coup, plusieurs options sont étudiées pour faciliter la mise en valeur. A l’Agence urbaine de Casablanca, on évoque par exemple l’idée d’opérations d’aménagement concertées, même si cette terminologie n’a pas encore de fondement légal : les propriétaires désireux de garder leurs terrains seront invités à participer au coût de leur viabilisation, notamment pour ce qui est des équipements hors site (voirie, assainissement, eau et électricité). Ceux qui ne pourront pas suivre seront obligés de céder.
Pour ce qui est de Nouaceur, l’autre ville-satellite de Casablanca, qui doit s’étendre sur 516 ha, dont 190 ha de forêts, la réalisation est en cours depuis la fin des années 1990. Les réseaux d’assainissement et la voirie sont réalisés. La zone villas de 70 ha a été lotie et commercialisée. La demande a même excédé l’offre compte tenu du niveau des prix : entre 600 et 700 DH le m2. Une autre zone réservée à l’habitat moyen de gamme R+2 est en cours d’aménagement.
Par ailleurs, la RAM a acquis 13 hectares pour la construction de son siège social et sa filiale, Sotoram, 2 ha destinés à la construction d’un hôtel à proximité de l’aéroport. Pour autant, la ville tarde à prendre forme, tant le montage financier est inadapté. Illustration, seul l’argent frais versé par la RAM permet aujourd’hui de réaliser la station d’épuration, dont le coût est estimé par la Lydec à 130 MDH. C’est pour cette raison que l’Agence urbaine discute actuellement avec des partenaires, dont la CDG, pour les associer au projet

Plan de masse de la ville nouvelle de Nouaceur. Elle s’étendra sur 516 hectares.