Les transporteurs touristiques se serrent les coudes pour renégocier leur cahier des charges

Une assemblée générale est convoquée pour le 27 avril prochain pour élire le nouveau bureau de leur fédération. Une commission prépare des recommandations à  intégrer au mémorandum que soumettra la fédération du tourisme au ministère de tutelle. 

Les transporteurs touristiques veulent mettre de l’ordre dans leur profession pour plus de crédibilité face à l’administration. Réunies à Casablanca, le 7 mars courant sous l’égide de la Fédération nationale du tourisme (FNT), les associations régionales du transport touristique ont pris deux décisions qu’elles jugent importantes pour l’avenir de la profession.
La première est que les représentants des cinq associations régionales présentes à la réunion sur les 7 que compte le secteur ont décidé à l’unanimité de convoquer pour le 27 avril prochain, à Marrakech, une assemblée générale élective, sachant que le mandat de l’ancien bureau de leur fédération est arrivé à terme en juillet 2009 et que depuis cette date les professionnels de ce secteur, victimes de leurs divisions, n’arrivent pas à élire un nouveau bureau. Il semblerait que les professionnels aient été aussi un peu pressés par le nouveau ministre de tutelle de faire renaître leur fédération pour pouvoir mener à terme les consultations et faire aboutir le projet de réforme du transport touristique actuellement en cours au niveau du ministère du transport et de l’équipement.

Un cahier des charges qui avait fait l’objet d’une réforme il y a déjà trois ans

Aussi, et c’est le deuxième point, les professionnels ont décidé de former une commission ad hoc, constituée de trois personnes, pour se rapprocher de la FNT et de la CGEM afin de s’enquérir de l’évolution de cette réforme. Cette commission a été chargée aussi d’élaborer des recommandations qui seront intégrées au mémorandum qui sera présenté par la FNT au ministère du tourisme.
Il faut savoir à ce sujet que, contrairement au transport public de voyageurs, le transport touristique est soumis à un cahier des charges qui a fait l’objet, il y a trois ans, de modifications profondes pour essayer de rehausser le niveau de service dans cette profession. Un délai de 24 mois avait été fixé aux professionnels pour se conformer aux nouvelles dispositions de ce cahier des charges. Lesquelles n’ont jamais été respectées en raison de l’opposition des professionnels à certaines mesures.
Parmi les points de discorde, l’obligation pour les sociétés de transport touristique d’avoir un parc qui totalise un minimum de 52 sièges. Les professionnels demandent à ce que cette exigence soit applicable uniquement aux nouveaux arrivants dans le secteur. Le cahier des charges actuel impose cette disposition aux propriétaires de véhicules de 2e (entre 9 et 16 places) et de 1ère série (autocars) dont le ministère de tutelle exige une mise en conformité au moment du renouvellement de l’agrément. Les propriétaires de véhicules de 3e série (moins de 9 places) étant exonérés.
Pour motiver sa requête, la profession juge que le tissu de cette activité est constitué de PME et TPE, ils estiment que ces entreprises n’ont pas la capacité financière pour se conformer à cette obligation de capacité.

Retrait d’un agrément non utilisé au bout d’un an, autre point de discorde

Les transporteurs touristiques estiment également que la durée de l’agrément fixée à 7 ans n’a aucune raison d’être. Car, pour eux, leur activité est commerciale à part entière et que, «à ce titre, toute entreprise satisfaisant les conditions d’exercice (…) doit obtenir une autorisation une fois pour toutes sans devoir au terme des 7 ans d’exercice revenir au point de départ». A les en croire, une telle procédure pénalise toute entreprise qui projette de se développer en la confrontant à une certaine incertitude.
Par ailleurs, la décision, conformément au cahier des charges, de retirer du circuit tout agrément qui n’a pas été exploité durant une période d’un an ne semble pas plaire aux transporteurs touristiques qui estiment que cette mesure est contreproductive.
Enfin, ils demandent à ce que le transport des touristes nationaux ne soit plus soumis à autorisation préalable comme c’est le cas aujourd’hui. En effet, alors que la stratégie touristique nationale accorde une large place au tourisme interne et que des investissements ont été engagés pour construire des sites d’hébergement adaptés au mode de vie et au revenu des nationaux, ceux-ci ne peuvent pas se déplacer en faisant appel aux sociétés de transport touristique, sauf à présenter une demande au ministère du transport accompagnée de la liste nominative des voyageurs.
Rien ne devrait, selon eux, empêcher une entreprise qui veut tenir une convention loin de son siège de pouvoir louer directement un autocar auprès d’une société de transport touristique sans être soumise aux tracas administratifs. Il en va de même pour les familles qui voudraient louer un minibus pour se déplacer ici et là à travers le Royaume, selon l’itinéraire de leur choix.