Les transporteurs réclament toujours l’indexation des tarifs sur le coût du carburant

Les prix du gasoil ont chuté de près de 17% depuis juillet 2014 n Les transporteurs redoutent un brutal retournement de tendance et insistent sur la nécessité d’élaborer un système de tarification plus pertinent. La définition des tarifs de référence dépendra des résultats de l’étude en cours de finalisation.

S’il y a un secteur qui tire profit de la baisse des prix du gasoil, c’est bien celui du transport routier. De l’avis unanime des transporteurs, les récentes baisses du prix à la pompe ont été un soulagement pour les entreprises du secteur qui, il y a quelques mois encore, craignaient la décompensation totale de ce carburant. En tout, le prix du gasoil a subi une baisse de près de 17% depuis juillet dernier, sachant que sur cette même période, l’Etat a supprimé la subvention de 0,80 centime qu’il supportait sur le produit. En d’autres termes, les prix sont revenus à un niveau comparable à celui appliqué avant l’annonce de la décompensation progressive du gasoil. Mieux encore, toutes les projections font ressortir une poursuite de la baisse des prix sur les mois à venir, vu qu’aucun signe n’indique pour l’heure un retour des cours du pétrole à l’international à des niveaux élevés. Cela a donc suffi pour apaiser les transporteurs qui réclamaient haut et fort la mise en place de mesures compensatoires afin de limiter l’impact de la décompensation sur leur activité.

Des mesures spécifiques sont prévues en faveur du transport urbain

Selon une source au sein de la Fédération du transport routier, «le gouvernement prévoyait effectivement l’introduction de mesures de soutien dans le projet de Loi de finances. Mais le recul inattendu des cours du pétrole l’a finalement dissuadé». Les récentes baisses, ainsi que celles attendues pour les prochains mois, des prix à la pompe ont donc finalement donné raison aux pouvoirs publics. La question qui se pose maintenant est de savoir combien de temps durera ce reflux. Si personne ne peut prédire le point d’infléchissement, les transporteurs s’accordent à dire que les prix du gasoil finiront tôt au tard par se redresser. «Notre crainte est qu’il n’y ait aucun soutien lorsque les prix augmenteront», souligne un transporteur. C’est pourquoi, bien qu’ils ne soient plus aussi virulents dans leurs revendications, les transporteurs routiers continuent à penser que la mise en place d’un mécanisme destiné à couvrir le secteur contre la volatilité des prix du carburant s’impose. Cette position est confortée par l’introduction de mesures spécialement dédiées au transport urbain. «Il n’y a aucune logique à ce que les bus et les taxis disposent d’instruments permettant de faire face aux hausses éventuelles des prix du gasoil alors que les autres modes de transport sont exclus», ajoute-t-on auprès de la Fédération du transport. C’est pourquoi cette dernière insiste sur la nécessité de mettre en place un système d’indexation des prix du transport sur celui des carburants. «De cette manière, quand le gasoil augmentera, les prix du transport augmenteront, et vice versa. Et quand il y a une hausse et que le gouvernement souhaite préserver le pouvoir d’achat des citoyens, il n’aura qu’à compenser les transporteurs», ajoute la même source.

La grille actuelle des tarifs du transport de voyageurs date de 1997

La Fédération du transport, ainsi que les sous-fédérations qui lui sont rattachées, avaient déjà décidé unilatéralement en mars dernier d’appliquer leur propre système d’indexation des prix. Finalement, selon des professionnels, cette décision s’est avérée difficile à appliquer. D’abord, parce que les prix du transport de voyageurs sont réglementés et que, sauf décision de l’Etat, ils ne peuvent dépasser les prix de référence. Ensuite, «la fédération ne pouvait s’assurer que tout le monde appliquerait cette décision vu que beaucoup de transporteurs recourent à l’informel», conclut un opérateur du secteur.
Pour savoir si le ministère va répondre favorablement à cette demande, il faudra certainement attendre les résultats sur l’étude de redéfinition des tarifs de référence en cours de finalisation au ministère du transport, car si un système d’indexation est envisagé, il devra être annoncé en marge de la nouvelle grille des tarifs. Pour rappel, si pour le transport de marchandises cette grille des tarifs reste facultative vu que ce segment est libéralisé, pour le transport de voyageurs, elle devrait constituer une réponse à une des doléances qui revenaient le plus durant ces dernières années. En effet, la grille actuelle des tarifs date de 1997 alors que, depuis cette année là, le coût de plusieurs facteurs, comme le gasoil, ont connu des hausses importantes. De même, cette grille devrait cette fois-ci prévoir non seulement un tarif de référence maximum, mais aussi un seuil minimum à ne pas franchir. Ceci devrait résoudre le problème des prix appliqués par certains transporteurs et qui peuvent être jusqu’à 30% moins chers que le tarif de référence.