Les statuts des CRT vont être harmonisés

Le principe de leur affecter 20% des recettes de la taxe de promotion touristique a été retenu.

A quoi servent les Con-seils régionaux du tourisme (CRT) ? Depuis quelque temps la question taraude les esprits des professionnels de ce secteur, et à leur tête les responsables de ces organismes mêmes. Conçus dans la foulée de la Vision 2010 dont ils tirent leur légitimité, la plupart de ces conseils ont peiné à quitter leurs habits d’anciens GRIT (Groupement d’intérêt touristique) pour devenir de vrais instruments de promotion touristique. «Les CRT n’ont pas de moyens financiers ni de moyens humains, et encore moins l’autorité pour jouer le rôle qu’on voudrait les voir jouer», explique Driss Faceh, président du CRT de Fès. Et de poursuivre : «Notre survie dépend des autres puisque nos ressources budgétaires (3,5 MDH dans le cas de Fès) nous viennent de la mairie, du conseil préfectoral, des cotisations et nous dépendons, pour ce qui est de la promotion, de l’ONMT (Office national marocain du tourisme), lequel nous alloue 300 000 DH par an».

Il faut institutionnaliser et pérenniser leurs ressources financières
Il faut dire que, de par leur composition (autorités, élus locaux et professionnels), les CRT ne peuvent échapper à certaines contradictions, notamment pour ce qui est des pouvoirs décisionnels. Certes, tout le monde appelle à une redéfinition de leurs missions et au renforcement de leur assise financière, et une réflexion est entamée dans ce sens par le ministère de tutelle et la Fédération du tourisme. Mais la démarche soulève des craintes chez les professionnels. Précisément, l’idée émise de mettre à la tête de ces structures les présidents des fédérations régionales du tourisme a provoqué une levée de boucliers, lors de la réunion des présidents des CRT, tenue le 22 décembre dernier, sous l’égide de la fédération. Une réunion «exceptionnelle», selon Jalil Benabès Tâarji, président de la Fédération du tourisme, car elle a permis, selon lui, de dégager un plan de travail «pour mettre en équilibre les rôles, l’assise juridique et les moyens financiers des CRT». Il s’agira notamment d’harmoniser les statuts de tous les conseils et, surtout, «d’institutionnaliser et de pérenniser leurs ressources financières». Sur ce dernier point, un principe a été retenu, et consiste à allouer aux CRT 20 % de la TPT (taxe de promotion touristique). Le tout devra être validé après les assises du secteur, qui se tiendront à Ouarzazate les 14 et 15 janvier.

«Une convention entre l’Etat et la région s’impose»
De toutes les manières, il faudra bien davantage de moyens à des organismes auxquels on demande de concevoir des PDR (plans de développement régionaux) et de veiller sur leur exécution. Omar Kabbaj, président du CRT de Casablanca, premier à avoir conçu son PDR, sans aide extérieure, pense que la réponse est dans la signature d’une convention entre l’Etat et la Région. Autrement, ajoute-t-il, les CRT ne seraient rien d’autre que des bureaux d’études .