Les restaurants des anciens abattoirs de Casablanca risquent de fermer

La clientèle est tombée de 40 000 personnes à  3000 quotidiennement. Les exploitants sollicitent depuis 2008 l’appui du plan Rawaj, en vain. Ils ont soumis à  l’Etat un plan de réhabilitation d’un coût de 3 MDH.

Les 33 restaurateurs des anciens abattoirs de Casablanca ont du vague à l’âme. Depuis la fermeture du site en 2002, leur activité tourne au ralenti. «De 35000 à 40 000 clients par jour, ils ne se partagent plus que 3 000 clients par jour, soit moins de dix par restaurant. Certains ont même baissé rideau», assure Ali Boutaka, l’amine des restaurateurs et membre de la Chambre de commerce de l’arrondissement de Ain Sebaâ-Hay Mohammadi.
Pour redonner vie à ce lieu de restauration construit en 1934, les propriétaires ont déposé, en 2008, une demande auprès du ministère de l’industrie et du commerce pour bénéficier de l’appui du fonds Rawaj, un programme dédié à la modernisation et réhabilitation d’espaces commerciaux. «Nous étions parmi les premiers postulants à ce programme. Cinq ans après, nous n’avons pas encore eu l’accord du ministère de tutelle», explique M. Boutaka. Et d’ajouter que «pour activer les choses, nous avons même réalisé une étude en 2011, en partenariat avec la Chambre de commerce de Casablanca, l’association de protection du patrimoine Casa Mémoire et la municipalité de Ain Sebaâ-Hay Mohammadi». Cette étude porte sur le diagnostic de l’état actuel des locaux de restauration et les propositions de réaménagement.

La décrépitude des lieux fait fuir les clients

Dans la foulée, les opérateurs ont établi un plan de masse pour donner une perspective détaillée de ce projet qui nécessitera un investissement de 3 millions de DH. «Tous ces travaux ont été présentés lors des 36 réunions organisées avec le ministère de tutelle et le conseil de la ville. Pourtant, le dossier est toujours dans les tiroirs de la tutelle», confirme-t-on du côté de la Chambre de commerce de Casablanca.

Il faut dire que le non-aboutissement de ce projet prive les restaurateurs d’une importante clientèle constituée de touristes et d’amateurs de l’art et de la musique. En 2008, la ville de Casablanca avait décidé de repositionner les lieux autour des activités culturelles. C’est ainsi que depuis leur inscription comme patrimoine architectural casablancais en 2009, les anciens abattoirs abritent des événements culturels tout au long de l’année. Toutefois, les visiteurs ne se pressent pas pour manger dans ces restaurants qui pèchent par manque d’esthétisme et d’hygiène.