Les promoteurs immobiliers se plaignent des prix de la Sonasid

Cette dernière affirme qu’ils n’ont augmenté que de 5 % contre 30 % sur le marché international.

Cette dernière affirme qu’ils n’ont augmenté que de 5 % contre 30 % sur le marché international.Les promoteurs immobiliers sont très remontés contre la Sonasid, principal fournisseur du marché en fer destiné à la construction, communément appelé rond à béton. Ils estiment que le leader de la sidérurgie marocaine profite de la protection douanière dont il bénéficie pour fixer des prix largement au-dessus de ceux des pays voisins. Conséquence immédiate : leurs coûts de production deviennent intenables. A la Sonasid, ces accusations sont fermement rejetées. Selon Mohamed Habbal, directeur général adjoint chargé de la Restructuration et de la diversification, «la protection est bien prévue par le cahier des charges de la privatisation intervenue en 1997 et a pour objectif de permettre à l’entreprise d’améliorer sa compétitivité à l’horizon 2012».

L’informel, en provenance d’Algérie, représente 10% des ventes
Il précise en outre que les prix ont évidemment augmenté suite aux dernières flambées des prix des produits sidérurgiques, mais la hausse a été en deçà de ce qu’elle aurait dû être. «Sur les marchés internationaux, les prix ont augmenté de
30 % alors que nous avons limité les effets sur le marché local à 5 %», argumente-t-il.
Mais, à en croire les dirigeants, c’est bien la Sonasid qui est à plaindre, plutôt que les promoteurs. La prochaine entrée en application de l’accord d’Agadir en 2005 constitue la principale source d’inquiétudes. L’entreprise reproche à l’Etat une ouverture brutale du marché, sans phase transitoire ni mesures d’accompagnement adéquates. Les produits en provenance d’Egypte sont les plus redoutés à cause du faible coût de l’énergie dans ce pays.
M. Habbal estime également que la contrebande, notamment en provenance d’Algérie et évaluée à près de 10 % du marché, constitue un frein au développement du secteur. Il n’oublie pas de préciser que l’écoulement des importations est facilité par la part importante de l’informel dans le secteur du bâtiment.
Cela dit, pour faire face à la concurrence – celle qui est légale du moins-, l’entreprise s’est décidée à améliorer sa compétitivité. Cet objectif passe d’abord par une meilleure maîtrise du coût des intrants. A cet effet, l’entreprise est en train d’investir plus d’un milliard de DH pour la construction, à Jorf Lasfar, d’une aciérie électrique d’une capacité de production maximale d’un million de tonnes et qui sera opérationnelle en juin 2005. Cette unité s’intégrera au laminoir déjà en place.
Par ailleurs, Sonasid s’est associée à la réflexion des industriels à propos de l’opportunité de créer une centrale électrique commune à Jorf Lasfar pour mutualiser les coûts, afin de bénéficier d’une énergie moins chère que celle livrée par l’ONE. Enfin, toujours pour réduire ses charges, l’entreprise envisage de monter en Libye, où l’énergie est bon marché, une unité de production du pré-réduit, un intrant utilisé par l’aciérie