Les premiers détails du nouveau plan d’aménagement de Tanger

Le document est en consultation publique jusqu’au 9 mars, date à laquelle il sera opposable aux tiers. Il fait la part belle aux équipements publics et au logement pour lesquels est réservée une superficie de 10 500 ha. Des innovations sont introduites pour rationaliser l’usage du foncier.

La conception du plan d’aménagement de Tanger touche enfin au but. Le document a été mis en consultation publique le 9 février dernier pour une durée d’un mois. C’est l’avant-dernière étape avant son adoption définitive. Mais déjà, à l’issue de la période de consultation publique, le 9 mars, le nouveau document sera opposable aux tiers. Fait notable, l’Agence urbaine de Tanger a rendu le document accessible sur son site internet, ce qui permet aux intéressés de prendre facilement connaissance des dispositions qu’il contient. Une souplesse loin d’être acquise en règle générale à l’étape de l’enquête publique.

Voilà plus de cinq ans que ce nouveau plan a été mis sur les rails. Il a connu plusieurs reports du fait, entre autres, de retards sur les prises de vue aérienne et les restitutions nécessaires à sa confection. Mais cela n’a pas été aussi pénalisant qu’on pourrait le penser. En effet, une multitude de projets structurants ont été initiés à travers le programme Tanger-Métropole. De fait, l’Agence urbaine a pu mettre à profit ces derniers mois pour adapter les zonages du nouveau plan d’aménagement à ce programme.

Le nouveau document, qui couvre quatre arrondissements (Tanger Médina, Beni Makada, Charf Mghogha et Charf Souani), fait d’abord la part belle aux équipements publics, à l’infrastructure et aux espaces verts. Le déficit dans ces domaines est criant. Si l’on prend l’exemple des espaces verts, en 2012 déjà, quelque 300 ha manquaient à l’appel, en plus d’un besoin de plus de 120 ha d’ici 2022 (horizon du plan d’aménagement). Le manque se chiffre encore en dizaines d’unités pour ce qui est des écoles, des hôpitaux, des équipements sportifs… Dès lors, on ne s’étonnera pas d’apprendre que plus de 10 500 ha sont réservés aux équipements et aux logements dans le nouveau plan.

L’occupation du foncier sera optimisée

Le logement est justement l’autre grand volet où le besoin est le plus consistant. Même si la mévente donne l’impression que la demande est bien couverte, le besoin est manifestement considérable. La raison est que le volume de constructions non réglementaires à traiter est considérable. Il dépasse actuellement les 1 400 ha, selon les initiateurs du nouveau plan d’aménagement. S’ajoutent à cela les besoins qu’il s’agira de couvrir du fait du développement de la ville et de la croissance démographique. Elle devrait en effet connaître un regain d’attractivité du fait des récents aménagements entrepris dans le cadre de Tanger-Métropole. La population des 4 arrondissements concernés devrait dépasser les 1 140 000 à l’horizon 2022 contre 848 000 en 2012. Naturellement, pour satisfaire ces besoins, il faudra mobiliser du foncier. Les initiateurs du nouveau plan d’aménagement ont prévu un certain nombre de dispositions dans le cadre du règlement d’aménagement (qui détaille les caractéristiques de chaque zonage) pour rationaliser l’usage des terrains ou pour concilier les intérêts publics et privés. Ainsi, ce règlement prévoit des possibilités d’exploitation plus étendues des sols en compensation d’une réduction des superficies construites. Pour économiser le foncier, le règlement du nouveau plan introduit aussi la possibilité de rassembler deux équipements publics ou plus au sein d’une même construction à étages multiples.

Les zones d’activité ne sont pas en reste dans le nouveau plan d’aménagement de Tanger. Dans le lot figure un pôle industriel dont le rayonnement dépassera les limites de la ville, selon les concepteurs du document, mais aussi un pôle de services, un pôle de communication et d’échange et enfin un dernier relatif au tourisme, à la culture et aux loisirs. En tout, les espaces à caractère économique occupent plus de 1 700 hectares de la zone couverte par le nouveau plan d’aménagement. Cette structuration des zones d’activité économique, comme toutes les autres composantes du territoire, décline clairement la volonté d’unification de la vision urbanistique de Tanger, un des principaux objectifs ciblés à travers le nouveau document. On en était très loin jusqu’à présent. Chacun des arrondissements rassemblés aujourd’hui au niveau du plan unifié était couvert par un document distinct. Pour rajouter à la confusion, 9 plans d’aménagement spécial régissent certains espaces de la zone (baie de Tanger, centre-ville…).