Les pouvoirs publics examinent la possibilité d’agir sur le prix du blé

5,5 millions de quintaux de blé tendre à importer entre le 1er août et le 15 octobre.
La prime compensatoire devrait être supprimée.

Entre le 1er août et le 15 octobre 2007, 542 000 tonnes de blé tendre seront importées dans le cadre des accords de libre-échange avec l’Union européenne et les Etats-Unis. Ces tonnages ont été retenus dans le cadre des appels d’offres lancés par l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (ONICL) les 18 et 19 juillet courant pour l’importation de blé américain et européen. Ils viendront s’ajouter aux 600 000 t de blé tendre disponibles, dont 250 000 t de production nationale, collectées à ce jour, et aux 200 000 t de blé hors contingent, dont les achats ont été engagés par les professionnels. L’ONICL estime donc qu’en terme de disponibilité du blé, «il n’y a pas d’inquiétude à se faire».

Le problème du prix se pose néanmoins. Le marché mondial, qui enregistre des records historiques pour cette matière première sensible, apporte chaque jour son lot de surprises. Aujourd’hui, le blé tendre se négocie entre 290 et 300 DH/q rendu port de Casa. En y ajoutant les frais de transport, les charges diverses et la marge de mouture, à quel prix la farine sera-t-elle cédée ? Probablement aux alentours de 3,40 DH alors que son prix sur le marché devrait être de 2,66 DH/kilo.

Même si les 542 000 tonnes de blé qui seront importés dans le cadre du contingent tarifaire bénéficient d’une réduction des droits de douane (10% au lieu de 30), en réalité, ils subiront le même taux que le blé libre parce que, du fait de la concurrence entre importateurs, ceux-ci ont rétrocédé à l’Etat pratiquement la totalité de la prime compensatoire (voir encadré). Du coup, une hausse du prix de la farine n’est pas exclue, selon les professionnels boulangers.

C’est pourquoi les pouvoirs publics sont en train d’examiner la possibilité d’alléger les droits de douane sur les importations. Ce ne sera probablement pas une baisse des droits communs ; l’idée qui est dans l’air serait de revoir le mécanisme de la prime compensatoire pour les contingents à venir, soit près de 1 million de tonnes. Cette mesure serait cependant déjà dépassée par la réalité du marché. Même en supprimant carrément les droits de douane, le prix du blé restera trop élevé. Un casse-tête en vue.

Bon à savoir:
Qu’est-ce que la prime compensatoire ?
La prime compensatoire est la part récupérée par l’Etat, lors des appels d’offres, sur la réduction des droits de douane qu’il accorde à l’UE et aux USA dans le cadre des accords de libre-échange avec ces derniers. Cette part varie : lorsqu’il y a de nombreux candidats aux appels d’offres de l’ONICL, chacun essaie de donner la plus forte ristourne à l’Etat afin de remporter le marché. C’est cette part à rétrocéder que l’Etat envisage de supprimer.