Les pharmaciens prévoient un sit-in pour dénoncer le non-respect des horaires de fermeture

Sont visées les officines situées sur les grands boulevards ou dans les centres commerciaux. Le personnel est souvent amené à  travailler 4 heures de plus par semaine par rapport à  la durée légale.

La date n’est pas encore définitivement fixée (26 avril ou 10 mai) mais les pharmaciens d’officines de Casablanca prévoient un sit-in devant la pharmacie du Morocco Mall. Motif de ce courroux, le non-respect des horaires réglementaires d’ouverture et de fermeture arrêtés par le wali ou le gouverneur de chaque ville.

Normalement, les officines ouvrent le matin de 9 à 12h30 et l’après-midi de 15h30 à 20h30, sauf le vendredi où la fermeture de la matinée est avancée de 30 minutes en raison de la prière. Le samedi, les pharmaciens travaillent de 9h30 à 13 heures. En été, l’horaire d’ouverture de l’après-midi est fixé à 16 heures au lieu de 15h30 habituellement. Un dépassement de 15 mm est autorisé pour permettre de servir les clients qui étaient dans le commerce avant l’heure exacte de fermeture. Pour la garde dont le calendrier est préparé par les conseils régionaux de l’ordre, une ou plusieurs pharmacies ouvrent jusqu’à 21 heures, minuit ou 24h/24, et ce, dans chaque préfecture. Cette organisation n’est pas respectée par toute la profession. Selon le syndicat des pharmaciens, «certaines officines, notamment celles du Morocco mall, du centre commercial Anfa Place et quelques-unes situées sur certaines grandes artères de la ville (Bd. Zerktouni ou Anfa) restent ouvertes même le week-end. Ce qui est inadmissible et cause une gêne aux autres confrères». Le même problème s’est posé à «Meknès où les autorités locales sont intervenues pour faire respecter les horaires», souligne-t-on.

Certaines officines menacent de boycotter leur tour de garde

La Fédération des syndicats des pharmaciens du Maroc veut donc «attirer l’attention des autorités et les sensibiliser à l’impact négatif de ce dépassement des horaires de travail pourtant imposés à l’ensemble de la profession». De son côté, le Syndicat du personnel des pharmaciens dénonce le dépassement des heures de travail, qui atteignent parfois 43,5 heures par semaine contre 39,5 heures légalement, le plus souvent sans une contrepartie pécuniaire. Il est fort possible que ce syndicat se joigne au sit-in.

A cause de cette anarchie, «les petites pharmacies situées dans des petites ruelles n’enregistrent pas de hausse des ventes durant leur période de garde alors que normalement cela devrait se produire», dit-on au syndicat des pharmaciens qui tient à signaler que «ces officines menacent de ne plus assurer leur tour de garde».