Les pays arides cherchent des moyens pour assurer la sécurité alimentaire

Les représentants d’une vingtaine de pays se sont réunis pour discuter des problèmes des zones arides. La déclaration de Marrakech a débouché sur la création d’une organisation internationale dont le siège est à  Doha.

Assurer la sécurité alimentaire dans les pays arides durant les prochaines décennies. Cette préoccupation a de nouveau été exprimée lors de la conférence ministérielle de la Global Dryland Alliance (Alliance mondiale des pays arides), initiée par le Qatar, qui s’est tenue les 29 et 30 mai à Marrakech. L’objectif de cette rencontre : arrêter des mécanismes de financement appropriés. «Cette initiative est d’une importance mondiale vu l’étendue des zones arides qui constituent plus de 40% des terres à travers le monde et abritent près de deux milliards d’habitants», explique Charki Draiss, ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, à l’ouverture des travaux de la rencontre. En fait, la forte mobilisation constatée à Marrakech semble toute logique. D’ici 2050, les régions arides devraient abriter plusieurs milliards de personnes. Or, ces terres étant très peu productives, il faut aujourd’hui imaginer des outils permettant d’y assurer une production agricole suffisante. «Plus de 50 pays sont concernés par les problématiques environnementales des zones arides qui ont pris de l’ampleur ces dernières années avec l’amplification des phénomènes naturels extrêmes (sécheresse, inondations…) et une répercussion directe sur la question stratégique de la sécurité alimentaire», confirme pour sa part Ahmed Ben Amer Mohamed Al Hamidi, ministre qatari de l’environnement.

Des plans d’actions d’ici la fin de l’année

Les discussions ont été riches mais aucune solution concrète n’est pour le moment avancée. Cependant, la vingtaine de pays signataires de ce que l’on appellera désormais «la Déclaration de Marrakech» se sont engagés à se mobiliser pour garantir la sécurité alimentaire. «Nous apportons notre soutien à l’initiative de l’Alliance mondiale des zones arides lancée par l’Etat du Qatar pour créer une organisation internationale chargée de la sécurité alimentaire des zones arides et nous appelons tous les pays de ces zones à soutenir cette initiative et d’y adhérer», peut-on lire dans la déclaration finale. Cette organisation, qui aura son siège à Doha au Qatar, jouera le rôle de véhicule permettant de mobiliser des fonds pour garantir la pérennité des ressources financières pour la mise en œuvre des programmes et projets de sécurité alimentaire. Parallèlement, les pays signataires s’engagent à prioriser le développement agricole en encourageant l’investissement dans l’innovation afin de concevoir de nouveaux outils permettant d’améliorer la productivité des terres agricoles.

Si la déclaration de Marrakech acte les bonnes intentions des pays de l’alliance, il faudra néanmoins attendre la fin de l’année pour avoir une idée sur les mesures qui seront prises. En effet, la déclaration finale a dressé une liste de recommandations qui seront prochainement étudiées à Doha en vue de les traduire en plans d’actions et programmes de coopération entre les Etats membres de la GDA.