Les médecins éliront leur président du Conseil de l’ordre le 22 juin

Une centaine de candidatures sont déposées et font l’objet de vérification. La condition de la régularité dans les cotisations a été allégée. Le vote par procuration et par correspondance sont interdis. Les médecins auront leur Conseil des Régions pour permettre une communication continue entre le Conseil national et la base.

Les médecins éliront, pour la première fois, le président de leur Conseil de l’ordre le 22 juin. Ce représentant professionnel était, contrairement aux autres professions libérales, le seul à ne pas être désigné par ses pairs (il était nommé par Dahir). Une exception qui a été très souvent contestée par le corps médical car «elle a fait perdre à l’institution toute crédibilité. Le conseil est même coupé de sa base».
Les médecins se dirigeront donc vers les bureaux de vote pour «dépoussiérer le Conseil national de l’ordre des médecins». Il faut rappeler que l’actuel conseil est en place depuis 18 ans. Les prochaines élections, programmées depuis quatre ans, sont préparées, sur instruction royale, par le conseil lui-même et sur la base d’une loi adoptée en 2013 par le Parlement.  
Une centaine de candidatures sont aujourd’hui déposées et font l’objet d’une vérification des conditions requises, notamment une durée d’exercice de la profession médicale d’au moins dix ans et l’absence de problèmes déontologiques ou avec la justice. Concernant leur régularité financière, les médecins ont bénéficié d’une amnistie partielle pour leurs arriérés de cotisation (300 DH par mois) de plus de cinq ans. «Cette mesure est importante car elle va encourager les médecins à venir voter même s’ils ne sont pas à jour dans leurs cotisations. Il faut souligner que plusieurs personnes ont arrêté de payer leurs cotisations pour manifester leur mécontentement par rapport au système en vigueur jusqu’ici», avance-t-on dans le milieu.
Le vote aura lieu dans 16 bureaux de vote situés dans les 16 régions du Maroc. Il permettra l’élection des membres des bureaux des Conseils régionaux de l’ordre des médecins et du président et membres du bureau du Conseil national. Contrairement à ce qui se passait pour les élections des Conseils régionaux, cette fois-ci le vote par procuration
ou par correspondance est interdit. Les médecins, environ 18 000 à travers le pays, devront se présenter personnellement aux bureaux de vote. Et pour éviter les contretemps, l’élection aura lieu un dimanche en vue d’une plus grande disponibilité et mobilité des votants. Aussi, on retiendra que le vote par liste a également été supprimé. Il sera uninominal.
Les femmes médecins se présentent pour la première fois
Les bureaux sont composés de 12 à 24 membres en fonction de la densité des médecins dans chacune des régions. Dans les trois premières régions du pays, notamment Casablanca, Rabat et Marrakech, les bureaux sont composés respectivement de 24 membres pour les deux premières et de 20 représentants pour la troisième. Dans les bureaux, les médecins privés et publics seront équitablement représentés. On notera que pour la première fois, les médecins auront leur Conseil des Régions qui regroupera les différents présidents de régions. Une nouvelle structure réclamée par le corps médical car, dit-on, «elle permettra une communication continue entre le CNOM et la base. Ce conseil se réunira une fois par an pour communiquer sur la feuille de route et débattre des questions et dossiers d’actualité». Autre nouveauté à retenir : la participation des femmes. On ne connaît pas encore le nombre exact des candidatures féminines mais on estime que «pour une première fois leur participation est significative. Elles ont été encouragées à se présenter et aussi à participer au vote», précise une source proche du dossier. Il importe de noter que la loi organisant les élections exige que les deux sexes soient représentés nAziza Belouas