Les médecins de nouveau en grève

Trois arrêts de travail de deux jours chacun d’ici fin mars

Marche nationale et sit-in sont également prévus pour pousser le gouvernement à accéder aux revendications de la profession.

Printemps chaud pour la Santé publique. Les quatre centrales syndicales – CDT (Confédération démocratique du travail), UMT (Union marocaine des travailleurs), FDT (Fédération démocratique du travail) et UNMT (Union nationale marocaine du travail) – ont décidé, suite à une réunion de coordination tenue lundi 6 mars, d’un mouvement de grève les 14 et 15 mars. Elles ont aussi annoncé une marche nationale de l’ensemble du personnel de la Santé publique et un sit-in devant le Parlement courant avril. De son côté, le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) a observé un arrêt de travail les 8 et 9 mars et prévoit un deuxième débrayage les 21 et 22 mars.

Ce sont là les premiers débrayages du corps médical pour l’année 2006 et l’on est parti pour une autre année mouvementée sachant que les hôpitaux publics ont été paralysés pendant près de 80 jours de grève (42 en 2004 et 38 en 2005) en deux ans. En cause, le bras de fer engagé avec le gouvernement sur les augmentations de salaires.
Une enveloppe de 57 MDH

pour les augmentations
«Le gouvernement semble occupé par d’autres dossiers et ne se soucie pas du secteur de la Santé publique qui ne peut pas faire autrement pour défendre ses revendications», justifie-t-on au secrétariat général de l’UNMT. Même son de cloche à la CDT où on rappelle que «le premier ministre s’était engagé à boucler les négociations à la fin décembre 2005», ce qui n’est pas le cas. La dernière réunion avec les pouvoirs publics a eu lieu en janvier 2006, et il reste un seul point de discorde: le régime indemnitaire des médecins.

Dissociant les revendications, les quatre centrales syndicales négocient aujourd’hui tout le volet indemnitaire avec le ministère de la Modernisation des secteurs publics. A l’heure ou nous mettions sous presse, ce département n’avait pas donné suite à nos nombreux appels. Mais on retiendra que, selon les syndicats, le gouvernement a proposé une enveloppe de 57 MDH pour couvrir les augmentations des médecins, chirurgiens et pharmaciens du secteur public. Un montant jugé insuffisant par les syndicats qui avaient demandé au départ une enveloppe de 300 MDH, avant de la ramener à 270 millions. «Nous sommes ouverts à toute discussion et nous estimons que les deux parties peuvent faire des efforts mutuels pour sortir de l’impasse pourvu que le gouvernement accepte de se mettre à table avec nous», dit-on dans le milieu syndical.

Concernant les autres revendications, notamment les mutations, les œuvres sociales, selon les syndicats, les négociations ont bien avancé avec le ministère de la Santé. Et pour débloquer la situation, ils ont décidé de reporter dans le temps les revendications relatives à l’institution de primes de garde et d’astreinte.