Les loyers baissent de 20 à  30% pour le haut standing à  Casablanca

Cette dégringolade s’explique par l’abondance de l’offre suite aux méventes et le resserrement des budgets de la clientèle locale et étrangère. Les délais de décision des locataires sont passés d’une à  trois semaines à  un mois et demi, voire deux mois.

Le locatif haut standing traverse des moments difficiles à Casablanca. Depuis le début de l’année, les loyers ont chuté de 20 à 30% selon des professionnels.
Une situation qui serait le fait de conditions de marché défavorables. La demande affiche en effet une baisse estimée à 20% depuis le début de l’année. «Mais elle est plus alimentée par la clientèle étrangère que par la demande locale», précise William Simoncelli, directeur général de Carré Immobilier. La demande de locataires locaux se maintient relativement quoique selon les professionnels leurs budgets aient tendance à se contracter dans l’actuel climat d’incertitude économique.

En revanche, la demande étrangère se resserre de manière manifeste du fait d’une baisse d’afflux des cadres expatriés. «Et même si cette clientèle formule des demandes, ses budgets sont nettement revus à la baisse», affirme un responsable commercial d’une agence immobilière à Casablanca. Dans l’un comme l’autre cas cela témoigne du resserrement des budgets des entreprises alloués au logement de leurs cadres. Du reste, quand on sait que la demande étrangère représente 80% du marché de la location haut standing, selon les intervenants sur ce marché, l’on se rend bien compte de l’impact d’un amoindrissement de cette clientèle.

En parallèle, l’offre a tendance à s’élargir. Cela est à lier à un phénomène qui est observé depuis le début du marasme du secteur immobilier et qui perdure, ayant même tendance à se renforcer. «Lorsque des propriétaires ne parviennent pas à vendre leurs biens, ils se rabattent sur la location pour s’assurer des rentrées d’argent», rappelle M. Simoncelli. Sauf que cela crée immanquablement une abondance de l’offre. Les derniers chiffres de l’indice des prix immobiliers de Bank Al-Maghrib (BAM) attestent bien d’un net ralentissement des transactions sur les biens de haut standing, notamment les villas. A Casablanca, ce dernier type d’actifs a vu le volume de ses transactions baisser de 16,1% entre le quatrième trimestre 2011 et le premier trimestre 2012 et la régression atteint 9,1% entre les trois premiers mois de l’année et la même période de l’année passée.

Avec tout cela, il n’est pas étonnant donc que les prix baissent. Aucun quartier n’est épargné, aussi Racine, Gautier, CIL, Oasis, Anfa et Californie sont concernés. Pour prendre l’exemple du quartier Racine, certains loyers de meublés sont passés de 25 000 DH à 18 000 DH ces derniers mois, selon les grilles tarifaires des agences immobilières, soit une baisse de 28%. De manière générale, les prix pour les grandes villas sont passés de 50 000 DH à 30 000 DH ou encore de 60 000 à 40 000 DH. Les petites villas sont pour leur part descendues à 25 000 DH en moyenne pour les biens qui se louaient  35 000 DH. Les appartements meublés ont vu leur prix passer de 12 000 DH et 13 000 DH  à 10 000 DH. Les appartements meublés de haut standing se négocient à présent à partir de 20 000 DH alors qu’ils atteignaient jusqu’à 25 000 DH, il y a un an. S’agissant enfin d’appartements vides, les prix sont passés de 9 000 DH et 10 000 DH à 5 000 DH et 6 000 DH. Les biens qui étaient loués à 15 000 DH sont descendus jusqu’à 11 000 DH.

En plus de voir leur taux de rendement immanquablement baisser, les propriétaires doivent composer avec des délais de mise en location qui ont tendance à s’allonger, à savoir que les contrats se concluent de plus en plus après d’âpres discussions entre bailleurs et locataires. Ainsi, «depuis le début de l’année, les délais de décision sont passés en moyenne d’une à trois semaines à un mois et demi, voire deux mois», fait savoir un professionnel. Plus que cela, la durée de location aurait tendance à se réduire. Les locataires anticipant l’arrivée de produits immobiliers sur le marché ne signent plus que des contrats de bail de six mois à un an. Ce faisant, ils se donnent la possibilité de profiter à l’avenir de loyers qui pourraient être plus compétitifs.