Les ingénieurs topographes exhortent l’Etat à accélérer la réforme du système foncier

La profession considère que l’Etat doit disposer d’un patrimoine mobilisable à tout genre de projet d’investissement. Un système foncier n’est efficace que s’il vise à réduire la pauvreté et promouvoir la croissance et le développement durable.

«Politique foncière au service des stratégies sectorielles», c’était le thème du 7e Congrès national de l’Ordre national des ingénieurs géomètres-topographes (ONIGT) organisé les 23 et 24 octobre à Skhirate. Cinq cents participants, dont 100 internationaux, en provenance de 15 pays, sont venus débattre et échanger sur les expériences des professionnels, dans les différentes disciplines de l’ingénierie topographique et expertises connexes, au Maroc et à l’international.

Pour approfondir la réflexion sur le sujet, les congressistes sont partis d’un a priori, à savoir que «les systèmes fonciers modernes ne peuvent prétendre à l’efficacité dans la gestion et la transparence dans leur administration que s’ils visent, en lame de fond, à réduire la pauvreté et promouvoir la croissance et le développement durable de la société globale». Nabil Benabdallah, ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville, abonde dans le même sens en soulignant que «la politique foncière est le pilier central de la réussite des stratégies sectorielles. La question de la réforme du foncier, ainsi que la résolution des problématiques qui en découlent, constituent des priorités sur lesquelles il convient de se pencher, afin de renforcer le processus de réformes que connaît notre pays».

La gestion du foncier est rendue complexe par la multiplicité des intervenants

Dans le cas du Maroc, la rencontre de Skhirat a offert aux participants l’opportunité d’appréhender «les tenants et les aboutissants» de la politique foncière du Royaume, d’en repérer les faiblesses et d’étudier les nouvelles perspectives en la matière. Il faut savoir qu’il existe plusieurs statuts fonciers (le domaine public, le domaine privé de l’Etat, le collectif, le Habous, etc.) et, par conséquent, plusieurs gestionnaires. De ce fait, il faudrait pouvoir synchroniser et coordonner entre les différents départements concernés, afin que l’Etat dispose pour les investissements d’un patrimoine mobilisable à tout genre de projet.

A noter enfin que les congressistes ont formulé un ensemble de propositions à même d’aider à mieux cerner et maîtriser les processus d’élaboration et de mise en œuvre de la politique publique foncière. Le congrès a également été marqué par la tenue d’une exposition avec des stands dédiés aux professionnels, ainsi que l’organisation du Forum des experts qui a permis l’échange d’analyses et de bonnes pratiques, à la lumière des expériences internationales en matière de bonne gouvernance du foncier.

Hicham Benjamaa. La vie éco