Les industriels appellent à  la réouverture d’Icoz

L’Etat a indemnisé les 958 ouvriers des Industries cotonnières d’Oued Zem.

Une enveloppe de 50 MDH a été débloquée.

Depuis quelque temps, le nom d’Icoz (Industries cotonnières d’Oued-Zem) a recommencé à circuler mais, cette fois-ci, c’est dans les milieux industriels où, pour certains, le redémarrage de cette usine pourrait faire beaucoup de bien au secteur textile qui vit actuellement au rythme de l’intégration et du développement des filières amont. Or cette entreprise, spécialisée justement dans la filature de coton, est à l’arrêt depuis 1995.
Pour certains industriels du secteur, la réouverture des deux usines d’Icoz «serait très positive pour le secteur de façon globale et en particulier pour la filière de la bonneterie. Cela permettrait aux opérateurs concernés de s’approvisionner localement en matières premières, notamment le fil de coton. Et qui dit approvisionnement local dit compétitivité sur les marchés de l’export».
Mais le fait est qu’aujourd’hui les unités d’Icoz sont quasiment à l’état de vestige. Même la privatisation de l’entreprise, à la fin des années 1990, n’a pas pu la réanimer.

Concernant le redémarrage et la réouverture des usines d’Icoz, le ministère du Commerce et de l’Industrie estime que la décision revient bien évidemment à son repreneur et à lui seul. Cependant, il est à rappeler que, dans le cadre du protocole d’accord, l’Etat s’était engagé à verser 17,5 millions de dirhams destinés au financement de la remise en état de l’outil de production. Une enveloppe jugée insuffisante en raison de l’état de détérioration avancée des équipements.
N’ayant pas pu joindre le repreneur d’Icoz, on ne peut savoir quelles sont aujourd’hui ses intentions par rapport au devenir de cette unité ni s’il entendra les appels des industriels. Selon des professionnels du textile, «le devenir de ce complexe intéresse tous les industriels et revêt même un caractère presque stratégique pour le secteur textile».

Pour certains observateurs ayant suivi le dossier de la privatisation d’Icoz, le redémarrage de l’entreprise pourrait être envisagé dans le cadre d’un partenariat avec des investisseurs étrangers. Le repreneur était, rappelons-le, associé avec une entreprise française au moment de la reprise de la société.
Un plan de restructuration avait été élaboré en 1999 et avait fait l’objet d’un protocole d’accord entre le gouvernement et le repreneur des Industries cotonnières d’Oued Zem, mais son application n’a jamais abouti. Seul le volet social a été réglé puisque l’Etat, pour éviter l’enlisement de la situation, a indemnisé, en 2005, les 958 employés de l’entreprise. Une indemnisation qui a nécessité une enveloppe de 50 millions de dirhams. Cela s’est fait grâce à la concertation entre plusieurs départements ministériels, notamment le Commerce et l’Industrie, les Finances et la Privatisation et enfin l’Emploi. C’était alors la dernière fois qu’on entendait parler d’Icoz n