Les hôteliers n’ont pas fait le plein malgré les vacances scolaires et la Toussaint

Seuls les grands hôtels bien situés et adoptant une politique commerciale agressive ont profité de cette période. Les pays émetteurs traditionnels toujours en crise, la croissance mondiale du tourisme est tirée par l’Asie qui échappe au Maroc.

Les vacances scolaires ont-elles soulagé les hôteliers en ces temps de crise pour le tourisme ? Rien n’est moins sûr. Par exemple, même si pour ceux qui s’y prennent à la dernière minute pour réserver une chambre d’hôtel, il a pu apparaître que les hôteliers de Marrakech ont fait le plein, la réalité est différente, nuance un hôtelier de la ville ocre. Malgré les vacances de la Toussaint en France et les vacances scolaires des nationaux, on est loin des années fastes, car ce n’est plus toute la destination qui fait le plein comme avant, mais juste quelques hôtels ; généralement toujours les mêmes. Lesquels ? Ceux qui ont une politique commerciale agressive et qui investissent dans la promotion pour attirer les clients. Les établissements qui sont réduits à attendre les clients ne peuvent pas espérer faire le plein.

Pour cet hôtelier, s’agissant des touristes étrangers, il n’ y avait pas la bousculade à l’aéroport de la ville pour la simple raison que les touristes européens et les français en particulier ont d’autres chats à fouetter. Pour les nationaux, il ne faut pas non plus se fier aux encombrements qu’on a pu voir sur l’autoroute Casablanca-Marrakech ces jours-ci, les vacanciers se perdent dans la nature, plus précisément dans des appartements ou continuent vers Agadir et les régions du Sud.

Les réservations attendues en baisse de 10% pour cet hiver

Sauf que Agadir, non plus, ne se porte pas mieux, si l’on se fie aux déclarations des professionnels de la ville qui n’arrêtent pas de répéter la même litanie, c’est-à-dire que les hôtels du front de mer continuent à profiter de l’arrivée de la clientèle des tour-opérateurs qui programment toujours la destination, mais que les cercles suivants souffrent énormément. Et de parler de faire pour leur ville plus de promotions et plus de vols aériens pour attirer les touristes.

Il en va de même pour les villes du Nord qui, une fois la saison d’été (handicapée par Ramadan) achevée, se retrouvent avec le train-train des touristes de passage.

Ceci pour dire que la crise du tourisme est bien installée au niveau de la région Mena. En effet, si au niveau mondial le tourisme tient le coup face à la crise, comme l’affirme le World Travel & Tourisme Council (prévision de croissance de 2,7% à fin 2012), ce n’est pas le cas de toutes les régions. La croissance est surtout tirée par l’Asie (Corée du Sud, Chine, Inde…). Pour le Maroc à qui il faut encore beaucoup de temps et de travail pour diversifier ses arrivées, la mauvaise nouvelle vient de l’association française des agences de voyages qui vient d’annoncer une baisse attendue des réservations pour cet hiver pouvant atteindre 10%.