Les grands projets de Casablanca se mettent en marche

Deux études pour juin 2007 sur l’aéronautique et l’agroalimentaire
Début des travaux du tramway en 2009
Les aménagements de carrefour prévus à la fin 2007.

La ville de Casablanca créera 320 000 emplois dans les 10 années à venir en marge des grands projets de restructuration lancés récemment sans oublier ce qu’apportera le site Casashore. Tunnels, trémies, hôtels, marina, corniche, tramway…, des projets qui, à terme, changeront le visage de la métropole même si, par leur taille, ils prendront forcément du temps. Il faut noter que l’ensemble du programme annoncé il y a quelques mois est maintenu.

A tout seigneur, tout honneur. Casablanca ayant de tout temps porté l’étiquette de ville industrielle, elle se trouve au cœur du plan «Emergence» à travers des projets structurants dans l’offshoring, le textile, l’agro-industrie, l’électronique, l’aéronautique.

Le Casa city center et la marina avancent à un rytme soutenu
Incontestablement, le projet Casashore est celui qui a le plus avancé. Ce sont 3,7 milliards de DH qui seront investis pour aménager quelque 350 000 m2 de bureaux et 40 sites de commerces et de services. Aujourd’hui, la première tranche est entièrement commercialisée. Le projet se traduira par la création de 30 000 emplois et un chiffre d’affaires de 5 milliards de DH en 2015. Les avantages de cette plateforme résident dans le prix de location de l’espace (90 DH /m2) les aides à la formation après l’embauche sous forme de chèques formation entre 25 000 DH et 75 000 DH sur trois ans et un taux d’IGR plafonné à 20%. Officiellement, Casashore sera opérationnel d’ici l’été prochain, mais, selon des sources bien informées, des prévisions plus réalistes tablent sur début 2008 pour la livraison des premiers plateaux de bureaux.

Pour le reste des projets, on en est au stade des études quand on ne travaille pas sur l’existant. Ainsi, pour la plateforme régionale d’aéronautique, si le foncier est disponible à la technopole de Nouaceur, l’étude financée par le conseil de la région ne sera achevée qu’en juin 2007. Le même conseil a aussi financé une étude sur l’agroalimentaire qui sera finalisée à la même date. Idem pour l’automobile où une étude est menée par le ministère du commerce et de l’industrie.

Il n’en demeure pas moins que Casablanca est également une ville de tourisme d’affaires. Et c’est d’ailleurs dans ce sens qu’elle s’est dotée d’une vision 2012 à travers la mise en œuvre du Plan régional de développement touristique (PDRT). Ce dernier vise un million de touristes pour la capitale économique en développant le tourisme d’affaires et réhabilitant le tourisme culturel pour lequel Casablanca a des atout grâce à ses sites historiques, sans oublier le balnéaire. Une vision soutenue par une politique volontariste d’accroissement de la capacité d’hébergement de la ville et sa région et par le développement des services liés au tourisme. A l’heure actuelle, et selon des sources à la wilaya, ce sont surtout le Casa City Center (du groupe Accor) et la marina (pilotée par la CDG) qui avancent à un rythme soutenu. Pour le reste, l’on est encore au stade préliminaire mais la volonté y est.

Le PDRT de Casablanca, le premier du genre au Maroc, signé entre le gouvernement et une région, nécessitera, rappelons-le, un investissement de près de 8 milliards de DH dont 6,5 milliards émanant du privé (investisseurs nationaux et internationaux) et 1,5 milliard du public. L’idée est de faire de la région de Casablanca, à l’horizon 2012, une destination touristique importante, avec de grands projets hôteliers toutes catégories. L’objectif est de construire quelque 10 000 lits supplémentaires, ce qui se traduira par la création de 30 000 emplois dont 5 000 directs et la réception d’un million de touristes, soit 3,2 milliards de DH de recettes supplémentaires. Les projets ne concernent pas seulement la métropole mais tout le littoral avec la construction de zones urbaines et touristiques à Anfa sur 350 ha, d’une ville nouvelle à Zenata sur 2 000 ha, le réaménagement des plages du littoral et la construction de golfs à Mohammédia, Dar Bouazza et Bouskoura, soit au total 72 trous.

Mais tous ces projets, même menés à terme, n’atteindraient pas leurs objectifs sans une mise à niveau en profondeur de la ville. Et c’est justement ce qu’on s’attelle à réaliser avec l’ambitieux programme «Casa 2010» doté d’un budget prévisionnel de 3,2 milliards de DH dont 1,9 milliard consacrés à la voirie et à la mobilité, 930 millions aux équipements publics, 250 millions aux espaces verts et à l’environnement et 140 millions aux études.

Infrastructures : des petits projets en attendant les grands
Si on commence à voir des réalisations dans certains quartiers avec l’aménagement de quelques axes et carrefours, le plus gros des projets reste à réaliser. Parmi les travaux en cours ou les projets dont les marchés ont été adjugés, on peut citer l’aménagement d’une vingtaine de carrefours, la création de nouveaux boulevards et le creusement de petits tunnels pour décongestionner des carrefours comme celui dit Chimicolor ou à l’intersection des boulevards Brahim Roudani et Bir Anzarane, qui seront achevés à fin 2007. Ces chantiers sont accompagnés d’une refonte totale des tracés de circulation et de la configuration du transport urbain et de la création de deux lignes de tramway.

Concernant ce dernier point, on en est à l’attribution du marché de l’assistance au maître d’ouvrage, qui a été remporté par Semaly (également en charge de l’assistance pour le tramway de Rabat), alors que les études préliminaires d’avant-projet et de définition ont été confiées à Systra, tous deux bureaux spécialisés dans le transport. Les études, qui ont démarré le 8 mars courant, vont durer 11 mois pour la somme de 15 MDH. Le montage de l’opération devrait se faire, selon le planning prévisionnel, au printemps 2008, avant le lancement des travaux en 2009. L’ouverture de la première ligne est prévu en 2012 voire 2013. Mais les Casablancais n’y croient pas encore car cela fait plus de trente ans qu’ils entendent parler de métro et de tramway.

Pour autant, on peut espérer que, cette fois-ci, ce sera un vrai nouveau départ pour la ville et, surtout, une bouffée d’oxygène en termes d’activité et de création d’emplois. Car tous les projets en cours devraient, selon les responsables, créer pas moins de 320 000 emplois dans les années à venir. Certes, ce n’est toujours pas suffisant, surtout si l’on sait que Casablanca, d’ici 2020, aura besoin de créer quelque 660 000 emplois pour résorber les 260 000 sans-emplois qu’elle compte, en plus des 400 000 demandeurs qui viendront se rajouter.