Les exportations textiles reculent

Le volume exporté a chuté de 10% en 2003, essentiellement dans la bonneterie et la confection.

Pour l’industrie du textile et de l’habillement, l’exercice 2003 n’aura pas été bon. Malgré une hausse en valeur des exportations à la faveur de l’amélioration du taux de change euro/dirham, le volume exporté , lui, a reculé d’environ 10%. Une chute essentiellement enregistrée par la confection et la bonneterie. Selon l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith), cette régression s’explique par l’agressivité des pays asiatiques et l’affaiblissement de la consommation sur les marchés européens.
Pour Salah Eddine Mezouar, président de l’Amith, le secteur doit réagir par une stratégie plus agressive. Le Maroc, qui a été longtemps favorisé par la proximité géographique et le faible coût de la main-d’œuvre, ne peut plus jouer cette carte face à la concurrence asiatique. Devenu pays cher, il devra, estime-t-on à l’Amith, jouer sur «la spécialisation et l’intégration fonctionnelle car c’est ce qui permettra à nos industriels de maîtriser leur activité et de prendre en charge la totalité des besoins des donneurs d’ordre» .

Entre autres solutions, la spécialisation et l’intégration fonctionnelle
Pour le président de l’Amith, la spécialisation est plus judicieuse qu’«une intégration poussée». Plusieurs entités, jusqu’ici fortement intégrées, ont commencé à se structurer en petites unités spécialisées. Cette spécialisation devrait s’accompagner d’une intégration industrielle des filières en amont du secteur. C’est pourquoi l’association a fait appel à un cabinet suisse, Guerzi, qui l’aidera à rechercher des investisseurs potentiels disposés à nouer des partenariats avec des groupes étrangers.
Aujourd’hui les filières prioritaires sont la bonneterie qui doit améliorer son offre et son approche commerciale, le jean et sport’swear qui a un grand potentiel non encore exploité et le textile de maison qui a besoin d’une amélioration de la production.
Par ailleurs, l’Amith encourage l’intégration fonctionnelle grâce à la mise en place de plateformes industrielles, qui joueraient le rôle d’interface entre les donneurs d’ordre étrangers et les unités marocaines. Plusieurs structures de ce genre ont vu le jour au Maroc. On peut citer le cas de Décathlon qui procure du travail à environ une centaine d’entreprises.
Le consortium d’exportation, deuxième modèle d’intégration fonctionnelle, est un groupement d’entreprises pouvant présenter une offre globale et diversifiée permettant un meilleur positionnement sur un marché cible. Ce schéma permet à toutes les entreprises, quelle qu’en soit la taille, d’être présentes sur les marchés d’export.
L’Amith semble savoir où elle veut aller et se prend en main pour réaliser sa stratégie. Mais elle considère que l’aide de l’Etat est indispensable, particulièrement pour ce qui concerne la restructuration financière et organisationnelle.