Les exportations de produits textiles stagnent

Un attentisme s’est fait jour chez les donneurs d’ordre.
Les commandes du marché français sont en recul.

L’approche de l’entrée en vigueur, prévue pour janvier 2005, des nouvelles dispositions de l’AMF (accord multifibres), qui aboliront les quotas d’exportation de textiles imposés à certains pays (dont la Chine), se fait déjà sentir sur les exportations textiles marocaines. A fin juillet 2004, celles-ci n’ont progressé que de 0,6 % par rapport à la même période de l’an dernier, passant de 16,9 à 17 milliards de dirhams. La confection et la bonneterie, les deux principales branches du secteur, ont enregistré une évolution contradictoire. La première a totalisé 11,8 milliards de DH, en hausse de 2,6 % par rapport à juillet 2003 (derniers chiffres disponibles), alors que la seconde marquait une baisse de 2,1 % à 4,7 milliards de DH.
A cela, le directeur de l’Amith (Association marocaine des industries textile et de l’habillement), Mohamed Tazi, a une explication : «L’évolution des exportations est à placer dans le contexte actuel marqué par un attentisme des donneurs d’ordre qui revoient aujourd’hui leur stratégie de sourcing». Cet attentisme, ajouté à la baisse de la consommation qu’a connue le marché français, explique le recul des exportations marocaines sur cette destination. D’une valeur de 6,9 milliards de DH, les exportations vers l’Hexagone ont fléchi de 2,2% d’une année à l’autre. La part de ce client dans le total des exportations de textile décline également d’un point à 40 %. Il n’en demeure pas moins que la France reste le premier débouché pour le secteur.

Seules six entreprises répondent aux exigences du marché américain sur les 26 diagnostiquées
A côté de cette stagnation du marché français, l’Amith signale l’importante progression du marché espagnol dont la part dans les exportations marocaines est passée, entre 2003 et 2004, de 21 à 24 %, soit 4 milliards de DH. «Le développement du marché espagnol était prévisible car c’est le dernier pays européen à envisager la délocalisation de son industrie textile et bien sûr il donne une priorité aux pays limitrophes comme le Maroc. C’est ce qui explique l’intérêt des industriels marocains pour ce débouché», commente M. Tazi.
Ainsi, pour que le courant des affaires continue de se renforcer, quatre manifestations commerciales ont été organisées entre septembre et octobre. Durant la semaine du 25 octobre, le Maroc est présent à deux salons (l’un pour la grosse maille et l’autre pour le vêtement femme) tenus en Catalogne. «L’Espagne sera une priorité en 2005 et nous aurons une nouvelle approche pour ce marché. Nous ciblerons des créneaux et des produits précis», explique M. Tazi.
L’association adoptera la même approche pour se replacer sur le marché américain. Les exportations marocaines vers ce pays ont régressé de 20 % à 178 MDH. Elles ne représentent plus que 3 % de la valeur globale. «La démarche de l’Amith s’articulera autour du slogan “connaître avant d’agir”. Pour cela, nous avons fait appel à un expert américain qui est venu au Maroc pour diagnostiquer l’offre marocaine», indique le directeur de l’association. Dans le cadre de cette mission, l’expert américain a visité environ 26 entreprises marocaines souhaitant exporter vers les USA. Ses conclusions révèlent que 6 entreprises répondent parfaitement aux exigences américaines (qualité, conformité sociale…). Quant aux autres, une adaptation de leur offre est nécessaire. L’association promet d’assister les entités concernées pour mettre en œuvre leur programme de mise à niveau.
L’optimisme reste cependant intact chez les opérateurs. Ils estiment que les exportations textiles vers les USA connaîtront, dans les mois qui viennent, une évolution si le dollar se raffermit. Mais aussi grâce à l’accord de libre-échange qui octroie des avantages substantiels aux produits marocains .