Les exportations de l’OCP progressent de 45% sur les quatre premiers mois de 2010

Phosphate brut, engrais et acide ont tous trois vu leur volume augmenter.
L’arrêt de l’usine de Jorf Lasfar durant les premiers mois de 2009 a amplifié la croissance.
Les prix moyens sur le marché mondial se sont nettement améliorés.

Le groupe OCP a démarré l’année 2010 sur les chapeaux de roues. Comparées à la même époque de l’année dernière, les exportations en volume des quatre premiers mois ont connu une augmentation de l’ordre de 45%. Selon le groupe, les trois types de produit sont en hausse, mais la plus importante est enregistrée sur les engrais (+63%). Suivent les acides (phosphorique et sulfurique) avec +53% et le phosphate brut avec +52%. Cette hausse en volume s’accompagne, fort heureusement, d’une amélioration des prix moyens, notamment ceux des engrais.
La forte augmentation des tonnages exportés est naturellement liée à l’arrêt de l’usine de Jorf Lasfar, survenue en début d’année dernière pour cause de travaux de maintenance mais pas seulement. Selon la même source, la reprise est liée tout d’abord au contexte économique global. Une nette hausse de la demande a été notée en 2010, spécialement sur les marchés indiens et européens, ce dernier ayant  connu une nette amélioration par rapport à la même période de l’année dernière, même s’il reste frileux, notamment à cause des niveaux bas et volatiles des cours des commodités agricoles. Auprès du groupe, il est indiqué que 60 à 70  %  du chiffre d’affaires est réalisé à parts égales avec l’Amérique et l’Asie. Le reste est partagé entre l’Europe et plus récemment l’Afrique, avec laquelle le chiffre d’affaires a triplé depuis le début de l’année.

Des prévisions optimistes pour le reste de l’année

Reste maintenant les mois à venir. De façon globale, le marché mondial des phosphates devrait rester équilibré pendant le premier semestre  2010 avec une nette amélioration des prix par rapport au dernier trimestre de 2009. Il est souligné que «les fondamentaux restent solides, même si des incertitudes sur la demande subsistent dans certaines régions telles que l’Europe et l’Amérique latine et sur l’offre potentielle en provenance de la Chine».
Evidemment, le groupe ne focalise pas uniquement son attention sur les exportations. Il fait savoir que le projet du pipeline Khouribga-Jorf Lasfar, qui devrait lui permettre de réduire drastiquement son coût de transport, suit le calendrier prévisionnel qui prévoit une mise en exploitation en 2013.
En dépit des tensions sur le marché financier international, il n’y a pas de problème pour trouver le financement. L’Agence française de développement (AFD) vient d’ailleurs d’accorder au groupe un prêt de 240 millions d’euros et d’autres emprunts devraient suivre. «Nous sommes en phase de discussion avec d’autres bailleurs nationaux ou internationaux qui ont montré de l’intérêt pour le financement de nos projets industriels», est-il indiqué.