Les exportateurs de cuir souffrent de la crise en Europe et du manque de matières premières

Les exportations ont baissé de 5% en volume et de 7% en valeur au premier trimestre. Hormis la maroquinerie, toutes les branches sont en baisse. La Fédic préconise une spécialisation dans le produit fini haut et moyen de gamme.

Les exportations de cuir sont en berne. D’après les statistiques du premier trimestre de l’Office des changes, le volume a baissé de 5% par rapport à la même période de 2011, à 4 939 tonnes. Corrélativement, le chiffre d’affaires a reculé de 7%, passant à 1,04 milliard.

Parmi toutes les branches et hormis l’activité résiduelle de produits tannants et de matières colorantes, seule la maroquinerie est, cette fois-ci, en progression. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 125 MDH, en amélioration de 5%. La chaussure, qui représente 76% des exportations du secteur, a vu ses recettes reculer à 632 MDH, soit 9% de baisse. Les expéditions de peaux et cuirs sont à l’avenant. De 106 MDH, elles n’ont rapporté que 98 millions.  

La Fédération des industries du cuir (Fédic) impute ces résultats à la crise économique qui sévit dans la zone euro, notamment dans les principaux marchés traditionnels du secteur que sont la France et l’Espagne. Les achats de chaussures, par exemple, sont tombés de 4 paires par an à 2 paires. Mais derrière la baisse des exportations marocaines, il y a aussi la réorientation de la stratégie des donneurs d’ordre européens qui optent davantage pour le produit fini aux dépens de la sous-traitance. Et peu d’entreprises marocaines, faute de moyens financiers, entre autres, peuvent se positionner avec des collections de produits finis. Pour répondre aux nouvelles exigences du marché, la Fédic suggère une restructuration de la filière en amont afin de garantir une matière première de qualité et surtout moins coûteuse.

Pour cela, une étude réalisée en partenariat avec les ministères de l’industrie, des finances, de l’intérieur et de l’agriculture, recommande d’agir sur trois points : l’élevage et l’abattage, la conservation et le négoce des peaux. «L’année dernière, plusieurs chausseurs et confectionneurs de vêtements en cuir n’ont pas pu honorer leurs commandes faute de cuir de qualité», souligne la Fédic. Sans compter la flambée du prix. Le prix d’une peau de bovin est passé de 250 DH à 450 DH, sachant qu’il a même atteint un pic de 600 DH. La peau d’ovin est, elle, vendue à 70 DH contre 24 DH auparavant.

La solution, selon la fédération, réside dans la création d’une bourse des peaux et d’une zone industrielle moderne dédiée aux tanneurs. Une autre option est d’agir sur la formation en vue d’améliorer la qualité de la production et de migrer vers les produits finis de moyen et haut de gamme, étant entendu que la concurrence chinoise est très vive sur le bas de gamme.