Les équipementiers auto se prennent à  rêver de décollage

Ils tiennent leur salon, Tec’Auto, du 22 au 24 novembre. 100 exposants marocains
et étrangers sont attendus

150 à  200 millions d’euros à  l’export, sachant que
les constructeurs japonais et américains s’intéressent de plus en plus au potentiel
du Maroc.

Tec’Auto, le salon annuel des équipementiers automobiles marocains, se tient cette année sous de bons auspices. L’édition 2007, prévue entre le 22 et le 24 novembre, vient en effet à  un moment o๠l’industrie automobile et les métiers qui gravitent autour, notamment les équipementiers, entrevoient un avenir prometteur. Le lancement du plan «Emergence» dans sa composante automobile, et surtout l’annonce du méga-projet de Renault à  Tanger sont les signaux forts qui ont permis de relancer le secteur.

Dans la foulée de son rendez-vous traditionnel, Tec’Auto a créé la surprise en décidant d’élargir le salon en lui donnant une dimension méditerranéenne. Un événement professionnel, précise Larbi Belarbi, président de l’Association marocaine des industries et du commerce automobile (Amica) et DG de la Somaca, destiné à  générer des opportunités d’affaires pour les équipementiers locaux. Les organisateurs comptent d’ailleurs drainer plus d’un millier de professionnels. Ces derniers peuvent tout aussi bien être des clients ou, pourquoi pas, des investisseurs.

Selon Mohamed Ouzif, directeur de l’Amica, une centaine d’exposants sont attendus, dont 64 équipementiers locaux et 16 étrangers de premier rang. Déjà , les organisateurs annoncent des prises de contact très intéressantes, avec notamment six dossiers qui pourraient déboucher sur des investissements.

Un manque de main-d’Å“uvre qualifiée à  combler
«Certes Tec’Auto est une vitrine professionnelle, mais nous comptons devenir un partenaire dans le développement du Maroc dans l’avenir», explique Ghaouti El Mekhfi, vice-président de l’Amica.
Mais, pour relever ces défis, l’industrie devra remédier à  certaines carences dont la plus importante est manifestement celle en ressources humaines qualifiées. Et pas seulement pour ce qui est de l’industrie mais également en aval, c’est-à -dire dans les domaines de la vente de pièces de rechange, de la réparation et de la maintenance automobile. En effet, les constructeurs ont introduit de plus en plus d’appareillages électroniques qui nécessitent des compétences pointues, encore rares dans le pays.

Mais cela ne semble pas décourager les professionnels, à  l’instar de M. Belarbi qui lançait cette boutade en guise de conclusion : «Le Maroc est certes un petit dans la cour des grands, mais il a l’ambition d’arriver un jour à  les égaler». Si le véhicule économique de Fiat avait permis de lancer les premiers jalons d’une véritable industrie automobile au Maroc, la Logan puis le projet de Renault Nissan à  Tanger lui ont donné une visibilité à  l’échelle mondiale, du moins régionale. Maintenant, c’est aux industriels et aux décideurs de transformer l’essai, à  l’heure o๠l’industrie automobile connaà®t une croissance exponentielle à  travers le monde. Ainsi, entre 1995 et 2006, la production annuelle de véhicules est passée de 48 millions à  69 millions pour un chiffre d’affaires de 2 000 milliards d’euros.

1 500 distributeurs grossistes, 4 500 réparateurs garagistes
De nombreux constructeurs automobiles s’approvisionnent en pièces au Maroc. A titre d’exemple, les achats des seuls Renault, PSA (Peugeot / Citroà«n), Seat et Volkswagen se montent à  200 millions d’euros. Et ce sont là  seulement les chiffres à  l’export, sachant que d’autres constructeurs, notamment américains et japonais, s’intéressent de plus en plus au potentiel du Maroc. Sur le marché local, les pièces de rechange représentent un marché de 3,5 milliards de DH. Ce dernier marché se répartit entre 1 500 distributeurs grossistes, un millier de détaillants et 4 500 réparateurs et garagistes. Il faut rappeler que ce sont là  les chiffres officiels, qui ne tiennent compte ni de la contrebande ni de la contrefaçon.