Les entreprises marocaines commencent à  se familiariser avec le marché américain

Initié par l’Usaid, le New Opportunities Business a permis à  65 entreprises d’approcher le marché US.
600 MDH de plus d’exportations en quatre ans d’accompagnement.
65 entreprises en ont bénéficié, notamment dans le textile, le cuir et l’agroalimentaire.

Mis en place en 2006, au lendemain de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis, le New business opportunities (NBO) géré par l’Usaid a été bouclé en août dernier. Programme d’assistance technique aux entreprises exportatrices désirant aller sur le marché américain, le NBO a été axé sur l’identification de nouvelles opportunités d’affaires pour les entreprises industrielles et de services marocaines sur le marché américain.
Selon les consultants chargés du suivi du NBO, le bilan est assurément positif. D’abord parce qu’il a aidé les entreprises exportatrices à tirer avantage de l’accord de libre-échange et de se mettre à niveau pour répondre aux caractéristiques dudit marché. 65 entreprises opérant dans les secteurs du textile, du cuir et de l’agroalimentaire avaient été sélectionnées par le NBO. Il est à noter que le programme devait également toucher l’industrie automobile, mais les actions n’ont pas abouti parce que le Maroc n’est pas jugé compétitif dans ce domaine.
Sur les quatre années qu’a duré le programme, les consultants annoncent que les exportations induites supplémentaires se montent à 600 MDH. Elles ont porté essentiellement sur le textile et le cuir notamment des articles en jean’s, des tee-shirts et des chaussures. Sans oublier les produits agroalimentaires qui ont été distribués, en guise de promotion, pendant une semaine dans dix-huit supermarchés haut de gamme de la chaîne Food Emperium à New York.
Le programme a, en outre, permis, durant les quatre dernières années, la réalisation de plusieurs actions de mise en contact et de promotion. A ce niveau, cinq entreprises agroalimentaires ont bénéficié d’un encadrement lors de leur participation au plus important salon agroalimentaire des Etats-Unis, le Fancy Food Trade Show. Pour les secteurs du textile et cuir, les mises en relation ont abouti à la visite de plusieurs entreprises marocaines par une vingtaine de donneurs d’ordre américains comme Ralph Lauren et William Sonoma. Certains industriels ont déjà eu plusieurs commandes d’échantillons.
Outre les actions de business to business, des programmes de formation développés dans le cadre d’un partenariat avec les associations professionnelles des secteurs du cuir et textile ont été montés à la demande des entreprises.

Sur 30 entreprises sondées, 3 seulement sont capables d’exporter aux USA

Pour évaluer le programme, les consultants ont procédé à une enquête auprès d’une trentaine d’entreprises inscrites. Il en ressort que 10% de ces unités à peine sont capables aujourd’hui de s’attaquer au marché américain. Pour un consultant, le résultat n’est pas étonnant car les entreprises marocaines sont habituées à travailler avec des donneurs d’ordre européens dont les exigences diffèrent de celles des Américains.
En plus de ce constat, l’étude révèle que les exportateurs doivent répondre à quatre conditions pour aller sur le marché américain : présenter une production de haute qualité, être compétitif, disposer d’une grande capacité de production et faire preuve de responsabilité sociale et environnementale. Par ailleurs, les entreprises doivent, selon les responsables du programme NBO, rompre avec la tradition de la sous-traitance et se convertir dans le «full package» exigé par les donneurs d’ordre américains. Aussi, ils recommandent aux opérateurs de se regrouper en consortiums d’exportation et d’opter pour la spécialisation de la production.
Toutes ces conclusions ne resteront pas sans suite. L’Usaid vient, en effet, de lancer un nouveau programme d’accompagnement baptisé «Compétitivité économique marocaine». L’ambition est d’améliorer toujours le volume des exportations vers les Etats-Unis à travers l’amélioration du climat des affaires, la rationalisation de l’utilisation de l’eau par les filières à haute valeur ajoutée agricole et le renforcement des compétences professionnelles (managériales et de communication) dans les entreprises. Pour plus d’efficacité et de cohérence surtout, l’agence américaine a tenu à ce que le programme, qui s’étale sur la période 2010-2013, s’intègre dans les autres stratégies sectorielles lancées par le gouvernement telles que Maroc vert, Emergence et Maroc Export. Doté d’une enveloppe de 30 millions de dollars, le programme se focalisera essentiellement sur l’accompagnement des entreprises des régions de l’Oriental et de Abda-Doukkala.