Les droits de douane sur le blé tendre levés à  compter du 16 août

7,6 millions de quintaux de blé tendre seulement ont été collectés au 22 juillet. Les stocks de blé tendre suffisent pour trois mois d’écrasement. Les prix sur le marché international se sont repliés, offrant des opportunités à  saisir.

L es droits de douane sur le blé tendre, actuellement de 50%, et mis en place depuis le 1er juin dernier afin de permettre à la production nationale de s’écouler dans des conditions optimales pour les agriculteurs, seront levés le 16 août courant.

Cette décision, selon le ministère de l’agriculture, s’explique par la volonté des pouvoirs publics d’assurer un approvisionnement normal du marché national, sachant que la récolte cette année, toutes céréales confondues, est tout juste moyenne (50 millions de quintaux estimés), tandis que la collecte, elle, accuse un retard de 27 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
En effet, à la date du 22 juillet, 7,7 millions de quintaux de céréales ont été collectés, dont 7,6 millions de quintaux de blé tendre.

La collecte moyenne à cette même période de l’année entre 2003 et 2007 est de 10,5 millions de quintaux de céréales, dont 10,4 millions de quintaux de blé tendre. Le recul est donc respectivement de 27 % et 28%.

Selon des professionnels, ce retard peut avoir deux explications. La première est que, compte tenu de la faible récolte de l’année dernière (seulement 23,4 millions de quintaux de céréales), les agriculteurs auraient tendance à garder une partie de la récolte pour leurs besoins propres (consommation et reconstitution de leur stock).

La deuxième explication – qui reste à vérifier – met en avant le fait que certains commerçants, et même certains producteurs, feraient de la rétention afin de susciter une hausse des prix. En tout cas, en matière de prix, car c’est de cela qu’il s’agit principalement, le blé tendre se négocie déjà en moyenne à 311 dirhams le quintal, atteignant même, dans certains cas, 332 dirhams le quintal, alors qu’il ne devrait pas dépasser 300 DH/q, prix fixé d’un commun accord entre l’administration et les professionnels.

Les prix sont élevés sur le marché intérieur
Cette situation fait qu’aujourd’hui les stocks de céréales, en particulier de blé tendre, se trouvent à un niveau qui nécessite, sans trop tarder, le recours aux importations afin que l’approvisionnement du marché soit assuré dans les meilleures conditions de prix et de disponibilités. Les stocks de céréales, y compris le maïs, s’élèvent en effet à 13 millions de quintaux, dont 9 millions de quintaux de blé tendre et 2 millions de quintaux de blé dur. Compte tenu du fait que les besoins en écrasement de blé tendre sont de 3 millions de quintaux par mois, le stock de blé tendre sera donc consommé dans trois mois.

Bien sûr, la collecte n’est pas encore achevée, mais, dans tous les cas de figure, le recours aux importations s’impose. Même si – simple hypothèse – toute la récolte de blé tendre (27 millions de quintaux estimés) est commercialisée, il y aura encore sans doute besoin d’importer : à raison de 3 millions de quintaux de blé tendre écrasés chaque mois, il en faudra donc 36 millions sur douze mois.

L’autre considération prise en compte pour la levée des droits de douane, c’est que, sur le marché international, les prix du blé se sont repliés ces derniers mois, offrant ainsi des opportunités qu’il faut saisir, avant que n’y reviennent, en force, de grands pays consommateurs comme l’Inde ou la Chine. En effet, le prix du quintal de blé tendre, rendu Casablanca, est de l’ordre de 270 à 280 dirhams, selon la provenance. Autrement dit, des prix bien inférieurs à ceux en vigueur sur le marché local.

Enfin, autre donnée à ne pas négliger, l’Etat n’a pas intérêt à ce que les prix soient élevés puisque, on le sait, il subventionne 12,5 millions de quintaux de blé tendre pour les besoins de la fabrication de 10,5 millions de quintaux de farine nationale de blé tendre (FNBT). Avec des charges de compensation qui grimpent à des niveaux de plus en plus insoutenables, pour cause essentiellement de flambée du pétrole, chaque dirham économisé a son importance.

Au total, la baisse des droits de douane sur le blé tendre – le blé dur, lui, en est totalement exonéré, son prix à 600 DH/q étant suffisamment élevé – se justifie doublement : assurer une plus grande disponibilité du produit, d’une part, en réduire quelque peu le prix, d’autre part.