Les destinations touristiques appelées à se réinventer

Le nombre de touristes dans le monde a atteint 1,2 milliard en 2014, mais l’Afrique en accueille à peine 56 millions. Dans un contexte marqué par de profondes mutations, les destinations et les produits touristiques devront s’adapter pour être compétitifs.

La Société marocaine de l’ingénierie touristique (SMIT) a organisé, le 31 mai à Rabat, la première édition du Forum de l’ingénierie touristique (FIT) sous le thème : «Ingénierie touristique, instrument de développement des territoires». L’objectif est de promouvoir les métiers de l’ingénierie touristique et de valoriser son rôle dans le développement intégré et durable des territoires. Le forum vise également à promouvoir la réflexion sur les modèles de développement touristiques, ainsi que sur le potentiel d’attractivité économique du produit touristique en Afrique.

Selon Lahcen Haddad, ministre du tourisme, «aujourd’hui, il ne suffit plus de répondre aux demandes classiques des touristes». Et d’expliquer qu’au contraire, «il faut nous distinguer par la qualité de nos offres, afin de pouvoir faire face à la concurrence ardue que se livrent les différentes destinations touristiques». Le ministre a également attiré l’attention sur le fait que le nombre de touristes dans le monde a atteint 1,2 milliard en 2014, mais que l’Afrique n’en accueille que 56 millions. Autrement dit, dans un contexte de compétition forte, marqué par de profondes mutations, les destinations et les produits touristiques doivent s’adapter pour être compétitifs. Ce qui devrait obliger les territoires à innover et à libéraliser des activités créatrices de richesses.

L’Afrique dispose d’un énorme potentiel et de possibilités de développement touristiques considérables. Le continent pourrait, en effet, rivaliser avec les régions les plus touristiques du monde. Pour cela, il lui faut mettre en place de nouvelles stratégies afin de tirer pleinement profit de ses ressources. L’ingénierie touristique s’impose alors comme «levier de valorisation optimale des ressources et des territoires», permettant de créer des destinations à part entière et des expériences touristiques uniques. Ce savoir-faire est plus que jamais une priorité, car face à des touristes de plus en plus exigeants, la différenciation s’impose.

Imad Berrakad, président du directoire de la SMIT, partage lui aussi le même constat, considérant que «dans un environnement concurrentiel en perpétuel changement, les destinations touristiques sont appelées à se réinventer afin de soutenir la rigueur de la compétitivité». Et de préciser que «le Maroc recèle un énorme potentiel de ressources naturelles et culturelles qui constituent une opportunité de développement touristique pour les différents territoires». Il n’en reste pas moins que la valorisation de ce patrimoine matériel et immatériel requiert un savoir-faire et un processus continu d’innovation et de créativité pour pouvoir assurer sa transformation en produits touristiques attractifs. Là encore, l’ingénierie touristique pourrait jouer un rôle de premier plan.

Le forum a également vu la signature d’une lettre d’intention pour la création d’un réseau Afrique-Med d’ingénierie touristique. Les pays signataires sont le Maroc, la Guinée, le Niger, la Tunisie et la France.