Les confiseurs décidés à  importer leurs intrants des Emirats arabes unis

Ils affirment que c’est le seul moyen d’être compétitifs face à la concurrence étrangère.

Le schéma de rééchelonnement des arriérés sur le sucre (cf La Vie éco du 20 mai 2005) proposé par le gouvernement au secteur de la confiserie, biscuiterie et chocolaterie a fortement déplu aux industriels. «Le scénario ne correspond pas aux suggestions qui nous ont été faites lors des négociations. Les pouvoirs publics avaient proposé un rééchelonnement des arriérés avec une suppression de la restitution de la taxe sur le sucre. Or, aujourd’hui, on nous demande uniquement de payer nos dettes sans prévoir aucune autre mesure», expliquent les professionnels. Ils estiment qu’il faudrait des mesures courageuses pour que leurs entreprises retrouvent leur compétitivité. «Que peut apporter le rééchelonnement face à la problématique concurrence des produits provenant des Emirats arabes unis ?», s’interrogent-ils. Le secteur déplore que le gouvernement n’ait pas pris en considération sa proposition : la fabrication sous douane. Un régime qui leur permettrait d’importer leurs intrants sans droits de douane et de payer, à la sortie de l’usine, la TVA y afférente alignés sur le régime appliqué au pays le plus favorisé.
Déçus, plusieurs industriels ont donc décidé d’importer leurs intrants des Emirats arabes unis. «C’est dommage que de devoir recourir à cette solution car elle affectera nos fournisseurs locaux. Mais vu la situation actuelle, beaucoup d’entreprises travaillent à perte, tous les scénarios doivent être envisagés», déplore le patron d’une biscuiterie de la place. Il cite, à titre d’exemple, le cas d’un concurrent qui, après avoir arrêté la production d’un produit, a décidé d’en reprendre la fabrication et de le commercialiser même à perte. Alors que son coût de revient est de 1,50 DH, il est vendu 33% moins cher. L’entreprise en question n’a eu d’autre choix que de s’aligner sur les produits émiratis très compétitifs (voir tableau).
La problématique des arriérés préoccupe beaucoup moins aujourd’hui les industriels qui sont plutôt soucieux de leur positionnement sur le marché. Ils doivent, disent-ils, lutter pour éviter la mort de leur industrie. La dette vis-à-vis de la Caisse de compensation s’élève à 200 millions de DH pour les quatre dernières années. Les entreprises concernées n’ont reçu aucun avis de la Caisse de compensation. Et pour l’instant, les patrons ne sont pas disposés à payer. «On nous demande de payer mais avec quoi ? Les pouvoirs publics doivent nous aider à avoir le cash-flow nécessaire», affirment-ils.