Les charges de compensation grimpent à  25 milliards de DH

Les 12 milliards prévus pour les produits pétroliers épuisés depuis fin août.
Le gouvernement doit trouver 11 milliards de DH pour boucler l’année.

Un moment, vers la fin du mois d’août, les cours du pétrole paraissaient amorcer une décrue que certains croyaient pouvoir tenir  pour… durables.
Il n’en est rien : de 76,16 dollars le 24 août, le baril est aujourd’hui à 82,5 dollars. On est loin, bien loin des 60 dollars comme prix moyen du baril en 2009. Idem pour le butane : 862 dollars la tonne, contre 697 dollars à la fin de l’année 2009.
Le prix du sucre, bien qu’ayant baissé par rapport à décembre 2009, en revenant de 700 dollars à 641 dollars aujourd’hui, reste malgré tout élevé par rapport à septembre 2009 (479 dollars la tonne, ce qui était déjà un record).
Du coup, l’enveloppe de compensation, prévue à 14 milliards de DH dans la Loi de finances 2010, dont 12 milliards pour les produits pétroliers, sur la base d’une prévision à 75 dollars le baril, passe désormais à 25 milliards (à la fin de l’exercice bien sûr). Il faut remonter à 2008, lorsque le baril de brut avait atteint 100 dollars comme moyenne annuelle -avec un pic de 147 dollars en juillet- pour trouver plus fort, avec une charge de compensation de 32,2 milliards de DH.
Sachant que les 12 milliards de DH réservés aux produits pétroliers sont épuisés à la fin du mois d’août, comment le gouvernement s’y prendra-t-il pour boucler les quatre derniers mois de l’exercice sans mettre à sec les trésoreries des opérateurs pétroliers ? Mine de rien, ce sont 11 milliards de DH qui manquent, selon les calculs des finances mêmes !

Les dépenses d’investissement en baisse de 4,2% à fin août

A la question de savoir si, comme en 2008, il faut ouvrir des crédits supplémentaires, nul n’a pu y répondre; aussi bien au ministère des finances qu’à la Caisse de compensation.
En revanche, des cadres au ministère des finances, sans entrer dans les artifices juridiques qui permettent de changer l’affectation d’un crédit, suggèrent très clairement que c’est probablement dans les dépenses non réalisées de certains départements que l’on puisera les montants destinés à couvrir les charges supplémentaires de la compensation. A fin août, en effet, les dépenses ordinaires du Budget, selon la dernière note de Conjoncture de la direction des études et des prévisions financières (DEPF), ont été exécutées à hauteur de 69,3% : les dépenses du personnel à 64%, celles des autres biens et services à 64,7% et celles relatives aux intérêts à 64,3%. Les dépenses d’investissement du Budget général ont été réalisées, elles, à hauteur de 64,3%, en baisse de 4,2% par rapport à la même période de 2009. Si l’on arrive à dégager des crédits sur les budgets non exécutés en totalité, ce serait aussi un moyen de ne pas alourdir le déficit budgétaire, prévu à 4 % du PIB.