Les cartes bancaires internationales pour les résidents bientôt lancées

L’une des deux cartes proposées sera valable au Maroc et à  l’étranger.

Bon nombre de banques s’apprêtent à lancer les cartes de paiement à l’international, à la veille des vacances d’été. Le Crédit du Maroc et la BMCI en particulier disposent, chacune, d’une offre ficelée de produits pour lesquels les responsables projettent des campagnes de lancement multimédias avant la fin avril 2005. Ces cartes sont destinées aux Marocains et autres résidents qui ont l’intention de se rendre à l’étranger. Elles ont été autorisées par circulaire n° 1700 du 17 février 2004 de l’Office des changes et sont alimentées par la dotation touristique (15 000 DH/an pour les adultes et 5 000 DH/an pour les mineurs). Jusqu’alors, le système bancaire ne délivrait les cartes internationales qu’aux hommes d’affaires marocains réalisant un chiffre d’affaires à l’export ou aux résidents étrangers détenteurs d’un compte en dirhams convertibles.
A ce jour, seule Salafin, société de crédit à la consommation, filiale de BMCE Bank, ainsi que cette même banque, proposent les nouvelles cartes.

Visa ou MasterCard prélèvent 1,5 dollar par transaction
Le démarrage timide du produit ne relève d’aucune réticence du système bancaire. Selon un spécialiste de la monétique, les banques sont plutôt favorables à l’émission de telles cartes car elles leur procurent des commissions réglées par Visa et MasterCard, deux labels obligatoires pour que lesdites cartes soient acceptées à l’étranger, dans les GAB (guichet automatique bancaire) ou chez les commerçants.
Pour bénéficier d’une carte, le client doit en faire la demande auprès de sa banque. Au moment de préparer son voyage, il présente à sa banque son passeport sur lequel sera inscrit le montant demandé.
Les opérations sont comptabilisées au niveau d’un compte spécial, dont la provision initiale est équivalente au montant de la dotation prévue par l’Office des changes. Le demandeur d’une carte de crédit international peut aussi, s’il le souhaite, inscrire un montant inférieur au plafond de la dotation, sachant que le reliquat peut lui être servi en billets de banques étrangers.
Il est important de souligner que deux types de cartes peuvent être délivrés : une carte valable aussi bien localement qu’à l’étranger, ou une carte spécifique pour la dotation en devises.

L’Office des changes sera vigilant sur l’utilisation des cartes
Dans tous les cas, la facturation des services rendus aux clients est fonction de la politique commerciale de chaque banque. On indique cependant dans la profession que Visa et MasterCard prélèvent aux banques dont les porteurs effectuent des retraits d’argent à l’étranger une commission de l’ordre de 1,5 dollar (13 DH) par transaction.
Parallèlement, les banques marocaines reçoivent des commissions lorsque des étrangers effectuent des transactions via leur plate-forme.
Le paiement électronique et les retraits de billets de banques dans les guichets GAB étrangers sont possibles avec ce type de cartes. Toutefois, pour les achats électroniques sur les sites Internet étrangers, la circulaire n° 1700 est très claire. Elle précise que «le règlement de dépenses par Internet n’est permis que dans le cas de réservation afférente à l’hébergement à l’étranger (hôtels, résidences touristiques…)».
Par extension, on pourrait ajouter les achats de billets charter qui se font nécessairement via Internet. Néanmoins, il faut rester prudent car, dans le paragraphe relatif aux dispositions diverses de la circulaire, l’Office des changes demande aux intermédiaires agréés de le tenir informé «de toute irrégularité constatée telle l’utilisation non conforme à l’objet de la dotation (…), le règlement de dépenses par Internet non prévues par la présente circulaire».
Toutefois, explique un spécialiste de la monétique, les cartes internationales délivrées au Maroc sont généralement des cartes de débit, comme Visa électron, qui ne sont pas acceptées par les commerçants sur Internet.Cette même source considère donc qu’il est temps pour l’Office des changes de se pencher sur cette question de sorte que les consommateurs qui n’ont pas la possibilité de voyager puissent au moins faire leur shopping à l’étranger via Internet .