Les brasseries du centre-ville de Casablanca se refont une beauté

Plus d’une dizaine d’établissements ont subi des transformations radicales. Les propriétaires disent avoir reçu des instructions verbales pour engager des travaux de mise à  niveau sous peine de retrait de leur licence. Les investissements demandés concernent notamment l’aménagement des issues de secours, l’éclairage de sécurité et l’achat de nouveaux appareils de cuisson.

Cacophonie autour d’un vaste chantier lancé en toute discrétion à Casablanca. Depuis quelques mois déjà, les propriétaires des brasseries situées dans les grands boulevards relevant de l’arrondissement de Sidi Belyout disent avoir reçu des instructions verbales de la part des autorités locales pour engager de manière urgente des travaux de rénovation et de réaménagement des locaux et des façades.
Des instructions fermes sur le respect des règles d’hygiène
Selon les différents témoignages recueillis par La Vie éco, «les moqaddems qui ont transmis l’ordre ont expliqué aux propriétaires qu’ils risquent de perdre leur licence de débit de boissons au cas où les travaux de mise à niveau ne sont pas réalisés». Résultat, à aujourd’hui, «ils sont plus d’une dizaine de propriétaires qui ont demandé et eu des autorisations de rénovation», confie Abdelhafid El Bakkali, vice-président de l’arrondissement Sidi Belyout. Et d’ajouter: «D’autres demandes sont en cours».

Il suffit de faire un tour du côté de Mers-Sultan pour constater les transformations radicales qu’ont connues des bars populaires tels que Marseille, Majorelle, Ma Touraine et le fameux Le Tout Va Bien. «Ces travaux nous ont coûté des sommes importantes», explique le propriétaire d’un ancien bar du centre-ville. Et de renchérir: «J’ai dû dépenser plus de 400 000 DH pour rénover mon restaurant». Toujours d’après lui, «contrairement au passé quand les travaux de rénovation se limitaient à la peinture des murs et au changement des chaises et des tables, ils nous ont demandé cette fois-ci de se conformer à un cahier des charges qui détermine les conditions générales de conformité des locaux».
Dans les détails, les propriétaires ont été d’abord appelés dans le cadre de ces rénovations à respecter les conditions de sécurité. Ces dernières imposent notamment des obligations sur l’évacuation des personnes, l’éclairage de sécurité, l’achat de nouveaux appareils de cuisson et de chauffage, ainsi que la mise en place de dispositifs d’alarme et des moyens de lutte contre les incendies (extincteurs). Côté hygiène, les propriétaires ont été également appelés à respecter les règles de propreté, notamment des locaux, matériels et équipements, et à réaliser des aménagements permettant l’hygiène corporelle et vestimentaire du personnel (vestiaire, lave-mains, cabinet d’aisance, etc). En clair, il s’agit d’un projet qui permet la rénovation de ces anciennes brasseries et par ricochet la mise en valeur du centre-ville.

Les responsables de la ville disent ne pas être derrière ce projet

Mais qui est derrière ce projet ? Les opérateurs ignorent la source des instructions. Abdelhafid El Bakkali assure que le président de l’arrondissement n’a donné aucune instruction dans ce sens. «Nous avons reçu les demandes de réaménagement, et vu que cela contribuera à l’aboutissement de notre programme de réhabilitation de l’ancienne médina et du centre-ville, nous avons facilité les procédures d’octroi des autorisations», déclare le vice-président. Et d’ajouter: «D’ailleurs, je tiens à rappeler que sur les dix autorisations, seule la moitié a été livrée par l’arrondissement. Les autres ont été octroyées par les autorités compétentes au sein de Dar Al Khadamat». Même son de cloche du côté de Mohamed Ouatasse, responsable des autorisations à Dar Al Khadamat et vice-président du Conseil de la ville, qui indique ne pas être partie prenante d’un projet de réhabilitation et de mise à niveau des débits de boissons et dissocie l’octroi d’autorisations à ce strict objectif.