Les biscuitiers cherchent à  être plus performants sur les marchés étrangers

Une étude sur la situation de la biscuiterie et les coûts des facteurs de production sera entamée dans les prochains jours. La biscuiterie réalise 7.5% du chiffre d’affaires à  l’export de la filière qu’elle constitue avec la chocolaterie et la confiserie.

La sous-facturation semble être une problématique dépassée. C’est ce que pensent les professionnels de la biscuiterie qui, aujourd’hui, se préoccupent davantage de leur compétitivité sur les marchés étrangers. «Le secteur est potentiellement exportateur, mais la présence des biscuits marocains sur les marchés étrangers est limitée. C’est pourquoi nous pensons qu’une étude de repositionnement doit être effectuée», dit-on à l’Association de la biscuiterie, confiserie et chocolaterie (AB2C). Effectivement, une étude sur la situation de l’activité et les coûts des facteurs de production sera entamée dans les prochains jours. «C’est un benchmark avec les produits étrangers, particulièrement les biscuits produits en France, en Espagne et en Turquie. L’exercice nous permettra de revoir notre offre et de construire nos activités autour de produits compétitifs à l’export», expliquent les responsables de l’AB2C.
Pour l’heure, les exportations de la biscuiterie atteignent 30 MDH sur un total de 400 millions réalisé par toute la filière biscuiterie, chocolaterie et confiserie. La valeur des exportations de biscuits devrait, selon les professionnels, doubler lors des cinq prochaines années si, expliquent les opérateurs, «on arrive à élargir les débouchés qui restent, pour l’heure, essentiellement concentrés en Afrique». 

L’activité a sensiblement progressé en 2012

Parallèlement au contrat programme qui sera signé par le gouvernement et la Fédération nationale de l’industrie agroalimentaire (Fénagri), les opérateurs de la biscuiterie suggèrent la mise en place de deux mesures: la suppression des droits de douane sur les matières grasses et les autres intrants. Il est à rappeler que le Pacte national pour l’émergence industrielle avait ramené les droits de douane sur les principaux intrants utilisés par cette industrie à 2,5%. Cette réduction concerne le sucre raffiné, le lait en poudre écrémé et entier ainsi que le blé tendre biscuiterie. Pour les professionnels, «même ce taux de 2,5% est inconcevable car il faut nous donner les moyens de notre développement à l’étranger».

Outre les mesures aidant à son expansion à l’international, la filière propose également «l’adaptation du plan Rawaj afin de permettre aux industriels d’organiser la distribution de leurs produits». Sur le marché local, la filière, pénalisée depuis 2007 par la concurrence des produits importés qui représentent 10% du marché, se porte mieux. Selon les dernières statistiques disponibles, l’année 2012 s’est terminée avec un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de DH, en hausse de 10% par rapport à 2011. Les professionnels indiquent que les importations concernent beaucoup plus les biscuits haut de gamme suite à l’institution en 2006 du prix plancher et à la réduction des droits de douane sur les intrants.
Cependant, ils demeurent vigilants quant au développement des biscuits turcs, notamment ceux distribués par BIM dont le réseau est en forte croissance et touche donc la clientèle cible, les classes B et C, des biscuitiers locaux. Le réaménagement du Plan Rawaj permettrait, explique une source proche du dossier, aux industriels d’organiser la distribution de leurs produits.