Les autorisations de construire en forte hausse à  Casablanca au premier semestre

1 674 projets autorisés à  fin juin 2010, 14% de plus que l’année dernière à  la même période.
Les promoteurs s’investissent fortement dans les locaux à  usage de bureaux et les commerces.
Les avis conformes concernent 17 986 logements contre 16 720 au premier semestre 2009.

A Casablanca, les mises en chantier semblent repartir à la hausse. Au cours du premier semestre, les demandes d’autorisations de construire qui ont reçu l’avis favorable de l’Agence urbaine de Casablanca se montent à 1 674 contre 1 532 pour la même période de l’année précédente, soit une progression de 14%. Ce rythme est toutefois beaucoup moins élevé que celui des dossiers examinés, en croissance de 24%, à 2 421. Au total, 435 commissions se sont réunies, soit la moitié de celles de l’année dernière durant laquelle 6 063 dossiers avaient été traités dont 66% acceptés.

546 hectares consacrés aux lotissements d’habitat

Pour la première moitié de 2010, le segment de l’immobilier professionnel affiche une croissance spectaculaire. Ainsi, la superficie au plancher des locaux à usage de bureaux autorisée totalise 542 290 m2, contre 66 400 m2 durant le premier semestre de l’an passé, et 173 699 m2 pour l’ensemble des douze mois. Pour les commerces, les projets validés portent sur un total de 182 000 m2 au lieu de 172 683 pour l’ensemble de 2009 et 99 891 pour la première moitié de ladite année.
Quant au nombre d’unités industrielles, il s’inscrit en légère hausse à mi-année avec 40 dépôts de dossiers examinés favorablement, contre 37 pour la même période en 2009. La superficie des lotissements industriels a atteint 214 206 m2.
L’habitat n’est pas en reste. Tous segments confondus, 17 986 logements sont concernés par les avis conformes, soit 7,5% de plus qu’au premier semestre 2009. La superficie consacrée aux lotissements d’habitation passe également de 120 à 546 hectares. Pour toute l’année écoulée, la demande autorisée des promoteurs sur ce segment a porté sur seulement 220 hectares.
«Les demandes de construction dans le logement social ont été très importantes cette année, encouragées par les instructions du ministère de l’habitat et de celui des finances», commente-t-on auprès de l’Agence urbaine de Casablanca. Ces deux départements avaient, dans une circulaire conjointe datée du 6 juillet 2010, demandé la facilitation des dérogations à certains types de projets. «L’habitat social, les activités industrielles, le tourisme et les équipements sanitaires et scolaires sont les quatre types d’investissement immobiliers qui sont prioritairement concernés par les dérogations. Une dizaine de dérogations ont déjà fait l’objet d’examens favorables depuis l’entrée en vigueur de cette circulaire», apprend-on à l’Agence urbaine.

De nombreux projets en attente dans le segment du haut standing

Dans la foulée, le nombre d’avis favorables pour les équipements socio-collectifs est en hausse également : 182 unités ont été comptabilisées au 1er semestre 2010 contre 116 à la même période de 2009, et 191 sur l’ensemble de l’année 2009.
Mounia Lahlou, directrice de la promotion immobilière au ministère de l’habitat, confirme le regain d’intérêt pour le social. «La mobilisation des promoteurs sur le segment du logement social est plus forte depuis le mois d’avril», constate-t-elle. Ce mois a en effet coïncidé avec la signature de plusieurs conventions entre l’État et certains promoteurs portant sur les logements sociaux à 250 000 DH. Selon Mme Lahlou, «des comités interministériels et réunions concertées sont très régulièrement organisés avec les ministères des finances, de l’intérieur ainsi que celui de l’habitat». À la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), Saïd Sekkat, ancien secrétaire général récemment nommé assesseur, se félicite des nombreux efforts entrepris pour «encourager et booster la construction sur le segment de l’habitat social». Il souligne que «des commissions sont instaurées et instruisent les dossiers au cas par cas». En revanche, «de nombreux projets dans le haut standing sont encore en attente», regrette-t-il. Cette situation suscite peu d’inquiétudes auprès des autorités qui ont érigé le social en priorité eu égard à la forte demande en logements des couches populaires.