Les attentes de l’Amith

L’association des textiliens propose un plan d’urgence en trois axes pour relancer le secteur.

Lestextiliens ont eu deux gran-des réunions en une semaine. La première, le 11 janvier, avec le ministre de l’Industrie et du Commerce et la seconde, le lendemain, avec le premier ministre. Objectif de ces rencontres : mettre en place un plan offensif pour le secteur du textile et de l’habillement marocain. Lors d’un point de presse donné lundi 17 janvier, le président de l’Amith, Karim Tazi, a exposé les points à propos desquels les industriels ont sollicité le gouvernement et en a profité pour faire un état des lieux.
Le président de l’Amith n’y est pas allé par quatre chemins, affirmant, d’entrée de jeu, que «la conjonction de nombreux événements dont certains sont arrivés de manière tout aussi brutale qu’inattendue ont placé aujourd’hui les entreprises fragilisées dans une logique de maintien et de survie». Tout en expliquant que le tissu national est aujourd’hui acculé à passer du statut de sous-traitant ou de façonnier à la co-traitance et au produit fini, Karim Tazi reconnaît que le secteur du textile et de l’habillement marocain n’a pas aujourd’hui les armes pour se positionner sur ce créneau. «Nous n’avons pas la réactivité et la compétitivité de la Roumanie, l’intégration de la Turquie et l’environnement et procédures de la Tunisie». Mais ce n’est pas pour autant que la partie est perdue d’avance. Nous aurons cependant «besoin du soutien de tous nos partenaires», explique M. Tazi.

Le gouvernement n’a pas de stratégie pour le secteur !
L’Amith a profité de la rencontre du 12 janvier pour faire part au premier ministre de ses attentes sur trois grands axes. Le premier consiste à sauver les entreprises en difficulté à condition, toutefois, que leurs dirigeants fassent preuve de bonne volonté. Concrètement, pour bénéficier de ce plan de sauvetage, les patrons des entreprises en difficulté doivent jouer la transparence et, s’il le faut, s’engager dans le cadre d’un contrat avec l’Etat. Dans le second axe, l’Amith appelle le gouvernement à mettre en place les mécanismes d’accompagnement nécessaires, à même de permettre aux industriels de passer de la façon à la co-traitance et au produit fini. Dans ce chapitre, les industriels mettent l’accent sur la faiblesse de l’accès aux matières premières, qu’ils considèrent comme étant le principal handicap à lever. Troisième axe, celui des problèmes d’environnement comme l’accès au financement, surtout bancaire, ou l’inadéquation des régimes économiques en douane. D’ailleurs, Karim Tazi a bien résumé la problématique du secteur : «A l’Amith nous avons, depuis longtemps, une stratégie pour le secteur, c’est le gouvernement qui n’en a jamais eu». Officiels et industriels se sont apparemment promis de se mettre sur la même longueur d’onde. Rendez-vous est donc pris pour fin février.