Les agriculteurs du Gharb ont du mal à  vendre leur récolte

La qualité du blé détériorée par des problèmes de germination n Les prix sont tombés à 140 DH/q.

La production de céréales devrait atteindre pour la campagne 2003-2004, 81 millions de qx, soit une des meilleures de ces 15 dernières années. De quoi mettre du baume au cœur des agriculteurs, mais pas tous. Les pluies tardives ont parfois provoqué la germination du grain sur pied. Cet accident physiologique concerne essentiellement le Gharb et a eu des répercussions énormes sur la commercialisation. Les coopératives et les acheteurs agréés refusent d’acheter ce blé de mauvaise qualité. Les petits agriculteurs, obligés de vendre pour faire face aux dépenses urgentes, ont cédé leur production entre 160 et 190 DH/q, alors que le prix de référence est de 250 DH/q. Selon Hadj Yahi, membre du conseil provincial de Sidi Kacem, les prix sont même tombés à 150 ou 140 DH/q.

Taux de germination de 30 à 40 % dans le Gharb.
Pour remédier à ce problème, un certain nombre de solutions sont prévues par le ministère de l’Agriculture. Pour le blé normal, c’est le tarif prévu qui continue à être appliqué. En revanche, le prix du blé dont la qualité s’est détériorée serait fixé à 170 DH. Rappelons que Mohand Laenser, ministre de l’Agriculture, a déclaré au Parlement que le blé dont le taux de germination dépasse 10 % serait incorporé à l’aliment du bétail. Des négociations sont en cours avec les industriels de la filière. Quant aux blés dont le taux de germination est compris entre 3 et 9%, ils devraient être mélangés par les minotiers aux blés de bonne qualité ou aux blés d’importation. Soulignons à cet égard que la tolérance normale pour les grains germés se situe entre 1 et 3%, car un taux plus élevé le rend impropre à la fabrication de pain, alors que dans le Gharb le taux atteindrait les 30 à 40%.
Quoi qu’il en soit, la situation profite aux intermédiaires et aux minotiers dont certains proposent d’acheter la production à bas prix et à crédit (sur 60 à 180 jours selon la quantité) pour en faire de la farine de deuxième choix.
Furieux, les agriculteurs accusent les autorités de tutelle d’avoir négligé leur problème. Outre la commercialisation et le remboursement des emprunts, ils font face à d’autres difficultés. Ainsi, les travaux d’été pour la préparation de la prochaine campagne n’ont pas été effectués par manque de moyens et de visibilité. Autre problème : les céréaliculteurs sont habitués à garder une partie de leur production pour les semences ; en cas de germination, il leur faut absolument procéder d’abord au test de germination sur les lots conservés ou recourir aux semences sélectionnées