Les accidents mortels augmentent… l’état intensifie le contrôle

Entre octobre 2010 et juillet 2011, le nombre d’accidents mortels a augmenté de plus de 19% par rapport à  la même période antérieure. Les services de sécurité, en accord avec le ministère de l’équipement, ont décidé de réagir. Les alcootests arrivent bientôt dans les villes.

Bientôt un an que le nouveau code de la route est entré en application, mais le dispositif de contrôle et de répression de la délinquance routière, tout en garantissant le droit des citoyens, n’est pas encore totalement mis en place. Résultat : après une période de crainte relative, et faute de dispositifs dissuasifs, les automobilistes sont revenus à leurs petites habitudes. Et les statistiques des accidents de la circulation sont là pour le prouver. Pour la période allant d’octobre 2010 à juillet 2011, comparée à la même période une année auparavant, on constate une aggravation de la situation : les accidents mortels ont augmenté de 19,11%, le nombre de tués sur les routes de 19,34% (469 décès supplémentaires), le nombre de blessés graves de 10,80% (+1 405 blessés), avec, souligne-t-on au ministère de l’équipement et du transport, un mois de juin 2011 «particulièrement meurtrier».
Selon Mohamed Maghraoui, directeur du transport routier et de la sécurité, les trois premiers mois suivant l’entrée en vigueur du nouveau code de la route ont été assez dissuasifs en raison de l’effet psychologique provoqué chez les conducteurs. Mais, très vite, les anciens comportements ont refait surface car, sur le terrain, l’exécution des nouvelles dispositions de contrôle des infractions tardaient à se mettre en place comme prévu, à cause du retard de livraison des radars mobiles ainsi que des éthylotests et éthylomètres, les premiers servant à déceler les traces d’alcool chez les conducteurs et les seconds à mesurer précisément le niveau d’alcoolémie.

50 éthylomètres pour la police d’ici fin 2011

Pour réduire le fléau des accidents de la circulation, il faudra donc s’attendre à une intensification des contrôles sur les routes à la fois en agglomération et en rase campagne, notamment pour ce qui est de l’excès de vitesse, du respect des signalisations et des règles de la circulation ainsi que de la conduite en état d’ivresse sans oublier le contrôle du temps de conduite chez les chauffeurs professionnels. La décision de contrôler plus a été prise d’un commun accord par le ministère de l’équipement et du transport et les services de sécurité (Gendarmerie royale et Sûreté nationale).
Pour ce faire, les moyens seront augmentés. C’est ainsi que le programme d’acquisition 2011 à 2013 porte sur une enveloppe totale de 428 MDH, dont 202 millions pour la Gendarmerie royale, 118 millions pour la Sûreté nationale et 107 millions pour le ministère du transport. Ces équipements consistent grosso modo en des radars mobiles et fixes, des éthylomètres et des éthylotests. La Gendarmerie royale devra disposer progressivement de 400 radars portatifs, 180 radars patrouilles, 350 éthylomètres et 50 éthylotests, etc. Quant à la police, elle aura selon le même schéma 340 radars portatifs, 410 éthylomètres, 150 éthylotests…
Selon M. Maghraoui, l’objectif est d’avoir d’ici 2013 des radars entièrement automatiques capables de prendre des photos, de les emmagasiner et de les verser dans un serveur pour les traiter. Actuellement, une réflexion est entamée avec les autorités concernées pour affiner le traitement des infractions, c’est-à-dire convoquer les contrevenants pour régler leurs amendes et saisir la justice le cas échéant.
Pour ce qui est de la lutte contre la conduite en état d’ivresse qui devait démarrer dans les villes le 1er septembre courant, le directeur du transport routier affirme que le matériel a été homologué, réceptionné par la police, et les contrôleurs ont été formés. La police dispose actuellement de 30 éthylomètres et en aura 50 à la fin de l’année. Les contrôleurs de la Gendarmerie royale seront équipés de la même manière et seront prêts à la fin de l’année 2011.
Le nombre de sorties des contrôleurs sera augmenté au fur et à mesure de la réception du matériel. A titre d’exemple, la Gendarmerie royale, qui effectue actuellement 4 000 sorties par mois pour contrôler l’excès de vitesse, devra passer à 6 000 sorties d’ici à la fin de l’année. 2000 sorties sont prévues pour les contrôles de la conduite en état d’ivresse pour la police ainsi que pour la gendarmerie.
Enfin, une attention particulière sera accordée aux conducteurs professionnels, car beaucoup d’accidents graves sont dus à la fatigue et au manque de sommeil.