L’éolien et l’hydraulique ont généré 13,4% de l’électricité produite en 2013

Trois parcs privés mis en service l’année dernière ont permis à  la production d’électricité éolienne de progresser de 85%. La bonne pluviométrie de 2012-2013 a tiré à  la hausse la contribution de l’hydraulique. La part du fuel est tombée de 17,9% à  14,2%.

L’année 2013 aura été un peu plus verte que les précédentes en matière d’électricité. A fin décembre, la part des énergies renouvelables dans la production nationale a en effet sensiblement évolué, du fait d’une nette progression de la contribution de l’éolien et de l’hydraulique. Alors qu’elles pesaient pour 8% de la production nationale en 2012, ces deux sources d’énergie y ont contribué pour 13,4% en 2013.

Concrètement, 9,2% de l’électricité nationale provenait des centrales hydrauliques, avec 2 990 GWh produits contre 1 816 en 2012, soit une progression de près de 65%. «2013 a été une année favorable en termes de pluviométrie, ce qui a permis un remplissage satisfaisant des barrages et donc cette importante augmentation de la part de l’hydraulique dans la production nationale d’électricité», confie Taoufik Laabi, directeur planification et stratégie de la branche électricité à l’ONEE.
Pour l’éolien, c’est la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables qui a permis d’accélérer la dynamique. Trois parcs éoliens développés par Nareva ont en effet été mis en service courant 2013. Installés à côté de Laâyoune (50 MW), à Haouma (50 MW) et à Akhfenir (100 MW) ces trois parcs privés totalisent une puissance installée de 200 MW. De par la vente des excédents de production à l’ONEE, ils participent ainsi au programme éolien marocain de 2 000 MW. Résultat, l’éolien participe pour 4,2% à la production électrique marocaine avec 1 351 GWh contre 728 GWh en 2012, soit une progression de 85%.
A noter que le solaire, pour l’instant fourni par la centrale thermosolaire d’Aïn Beni Mathar d’une capacité de 472 MW, en attendant la mise en service de la centrale de Ouarzazate, ne représente qu’une petite partie de la production nationale. Notons aussi que la production globale d’électricité s’est maintenue à 32 496 GWh contre 32 155 en 2012 (+1,1%).

Mise en service des tranches 5 et 6 de Jorf Lasfar dans les prochaines semaines

Cette croissance remarquée de l’hydraulique et de l’éolien dans la production électrique de l’année dernière a permis de réduire légèrement la part du fuel. Cette dernière a en effet été ramenée à 14,2%, contre 17,9% en 2012. Au total, 4 630 GWh ont été produits à partir de cette énergie contre 5 756 GWh en 2012. Charbon, gaz naturel et importations se sont en revanche relativement maintenus aux mêmes niveaux que l’année précédente. «Dans le cas où nous pouvons effectuer une opération de réduction de la consommation d’une énergie au profit d’une autre, nous privilégions la réduction du fuel, beaucoup plus cher que les autres», explique M. Laabi.  

En ce qui concerne les projets, les tranches 5 et 6 de la centrale thermique de Jorf Lasfar, d’une puissance installée de 350 MW chacune seront respectivement mises en service ce mois-ci et fin avril. Elles sont actuellement en phase de test. Le parc éolien de Tarfaya, d’une puissance de 300 MW, développé par le consortium Nareva-GDF Suez pour le compte de l’ONEE, devrait quant à lui entrer en service d’ici la fin de l’année. Les mâts sont déjà installés et le raccordement au réseau doit se faire incessamment. A noter qu’aucun nouveau projet privé ne sera lancé cette année. Néanmoins, des projets de parcs éoliens privés, comme la loi 13-09 le permet, sont en négociations pour 2015.

Des chantiers attendus seront lancés au cours de cette année

Dans le cadre de l’initiative du programme éolien intégré de 1 000 MW, elle-même composante à part entière du programme éolien marocain, il est prévu que les travaux du parc éolien de Taza (150 MW), premier de la série de 6 parcs éoliens, démarrent en 2014. Les contrats ayant déjà été signés, le montage financier est en cours de bouclage. Pour rappel, sa mise en service est prévue pour 2015. Idem pour la future centrale thermique de Safi (2×660 MW) dont la construction, retardée par le projet de nouveau port dans la ville, doit également commencer cette année.
Toujours au chapitre des futurs projets, la STEP d’Abdelmoumen, dont le cahier des charges a été modifié, est toujours d’actualité, malgré le retard dans sa mise en œuvre. Trois consortiums ont été préqualifiés et l’ONEE espère sélectionner l’adjudicataire d’ici la fin de l’année. Enfin, la prospection des 4 autres centrales solaires, prévues par le projet solaire marocain, se poursuit.