L’entreprise de travaux publics Saabe cédée à  deux investisseurs locaux

La société est en difficulté depuis quelques années. Les acquéreurs veulent doubler le chiffre d’affaires d’ici à  3 ou 4 ans et améliorer le mode de gestion.

Après plus de cinq décennies de contrôle par la famille Ajar, la société Saabe entreprise de travaux publics et particuliers, plus connue sous le nom de Saabe, change de propriétaires. Les actionnaires de cette société créée en 1959 viennent de céder les 250 000 actions constituant l’intégralité du capital à deux repreneurs. Les nouveaux maîtres des lieux connaissent bien le secteur pour avoir dirigé de grandes entreprises de développement et de promotion immobilière et touristique. Il s’agit, d’une part, de Kacem Bouanani qui, à travers une structure ad hoc dénommée Tulipe Invest, a acquis 60% de Saabe et en a pris le siège de président du conseil d’administration, et de Rachid Lamghari, actionnaire à hauteur de 40%, qui devient directeur général.

M. Bouanani fut de 2005 à 2010 DG d’Actif Invest qui gère les deux fonds d’investissement Actif Capital et Maghreb Siyaha Fund. Quant à M. Lamghari, il a été, pendant plusieurs années, DG et associé de Jet Sakane, entreprise de promotion immobilière du groupe Jet.

Réduction du personnel en vue

Le nouveau tandem envisage de redonner à Saabe son rayonnement historique du temps où l’entreprise était leader incontesté dans les travaux de génie civil relatifs au domaine de l’eau potable et de l’assainissement (réseaux, adduction…), rang aujourd’hui occupé par Capep qui revendique un chiffre d’affaires supérieur à 400 MDH. Aussi, outre la mise en place d’un plan de départ visant à redimensionner l’effectif actuel qui dépasse 150 salariés, Saabe, qui a aligné quatre années successives de déficits, devra bénéficier d’une injection d’argent frais destiné à soulager la trésorerie de plus en plus tendue.

Sur le registre commercial, l’entreprise mettra l’accent sur la reconstitution du carnet de commandes notamment dans les marchés d’envergure avec les régies de distribution d’eau et les délégataires de services publics. L’objectif est de doubler le chiffre d’affaires, qui est autour de 50 MDH, d’ici trois ou quatre ans et d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la gestion du besoin de fonds de roulement.