L’endettement du Trésor ramené à  48,6% du PIB

La dette du Trésor est de 325,8 milliards DH, en baisse de 13,5 points du PIB depuis 2005.
Baisse historique de la dette intérieure à  38,3% du PIB contre 49% en 2005.

Même si, depuis dix ans exactement (1998-2008), la dette intérieure et la dette extérieure ont évolué de manière inversement proportionnelle, l’une baissant et l’autre augmentant, l’encours global de l’endettement du Trésor n’a cessé de baisser depuis 2006. De 62,1% du PIB en 2005, cet encours ne représente plus que 48,6% du PIB à la fin de 2008, soit une baisse de 13,5 points.
Zouhair Chorfi, directeur du Trésor et des finances extérieures, a toutes les raisons d’être satisfait de cette évolution, dont il a détaillé les multiples aspects lors de sa conférence de presse du lundi 16 mars. Si le stock de la dette du Trésor (intérieure et extérieure) est aujourd’hui ramené à 48,6% du PIB, soit 325,8 milliards DH, cela est le résultat de plusieurs facteurs. Au premier rang de ces facteurs, il y a la baisse «historique» de la dette intérieure. Après avoir culminé à 49% du PIB en 2005, la dette intérieure n’a fait que baisser depuis 2005 pour s’établir à fin 2008 à 38,3% du PIB, soit 257,1 milliards DH, contre 263,8 milliards en 2007 (- 6,7 milliards). Mais pourquoi la dette intérieure a baissé alors qu’elle était depuis une dizaine d’années sur un trend haussier ? Parce que, d’une part, depuis 2006, le Trésor a de moins en moins recours au marché interne pour ses besoins de financement. A titre d’exemple, entre 2002 et 2005, la moyenne de ses interventions sur le marché local était de 74,1 milliards DH; cette moyenne n’est plus que de 42,4 milliards DH entre 2006 et 2008. D’autre part, le coût de cette dette intérieure est allé en s’améliorant, comme le souligne le directeur du Trésor.

70 milliards DH traités dans le cadre de la gestion active de la dette
La conséquence logique d’un recours moins important au marché interne aurait dû être une réappréciation du stock de la dette externe. Or, il n’en fut rien. La preuve c’est que le taux d’endettement extérieur du Trésor a baissé de 22,5 points du PIB entre 1998 et 2008, passant de 32,7% à 10,2% du PIB entre les deux périodes. Cela n’a pas été tout à fait le cas de la dette extérieure garantie (voir encadré), puisque son encours n’a baissé que de 4,8 points sur la même période, s’établissant aujourd’hui à 9,8% du PIB, soit 65,5 milliards de DH. Les facteurs explicatifs de cette évolution favorable de la dette extérieure du Trésor sont plus ou moins connus. Il y a d’abord, comme déjà indiqué, la préférence du Trésor, au moins jusqu’en 2006, à se financer principalement sur le marché domestique où les conditions étaient nettement favorables. Il y a ensuite la mobilisation de ressources importantes sous forme de dons, principalement auprès des pays arabes et de l’Union européenne. Il y a enfin la fameuse gestion active de la dette extérieure au moyen de trois opérations essentiellement : le refinancement des dettes onéreuses, la conversion des dettes en investissements publics et privés, et le remboursement par anticipation.
Ainsi, entre 1996 et 2008, précise le directeur du Trésor, 54 milliards DH de dettes du Trésor ont été traités dans le cadre de la gestion active. Ce montant se monte à 70 milliards DH si on y ajoute la dette garantie.
A ces différents facteurs, on peut ajouter aussi la baisse du coût de la dette extérieure, depuis l’année 2000 jusqu’en 2006. Ce n’est qu’à partir de la deuxième moitié de 2007 et jusqu’au premier semestre de 2008 que les taux d’intérêt sur le marché international ont commencé à grimper, notamment l’Euribor à six mois dont sont assortis 21% de la dette. C’est ainsi que, en 2008, le coût moyen de la dette extérieure s’élevait à 4% pour une durée de remboursement moyenne (du stock) de l’ordre de 8 ans.
Il faut le signaler, la gestion active de la dette, qui ne concernait jusque-là que la dette extérieure, sera étendue à la dette intérieure et à la Trésorerie publique.
Le cadre réglementaire et légal pour cela est à présent finalisé, selon le directeur du Trésor. D’autres réformes pour 2009 ont d’ailleurs été annoncées par Zouhair Chorfi, comme par exemple la diversification des instruments de financement du Trésor, à travers le lancement de bons du Trésor à très court terme, ou encore le lancement d’un appel d’offres pour la mise en place d’une salle des marchés à la direction du Trésor.