L’endettement des ménages monte à  29,7% du PIB en 2013

Les crédits aux particuliers et aux MRE atteignent 261 milliards de DH, en hausse de 4,6% par rapport à  2012. Près de 80% de ce montant vont à  l’immobilier. Les banques surclassent les sociétés de financement sur les crédits à  la consommation.

Même si le crédit, en termes de croissance, a beaucoup décéléré ces dernières années, les ménages (les particuliers et les MRE, non compris les entrepreneurs individuels et les institutions à but non lucratif), pour ne parler que d’eux, continuent de s’endetter aussi bien auprès des banques que des sociétés de financement. A fin 2013, en effet, les crédits accordés aux ménages, à la fois par les banques et les sociétés de financement ont augmenté de 4,6% à un peu plus de 261 milliards de DH, selon les statistiques monétaires publiées par Bank Al-Maghrib (BAM). Ce montant représente 29,7% du PIB, contre 28,5% en 2012.

Sur le volume global, la part des banques approche les 80%, soit 207,35 milliards de DH, en progression de 5,6% par rapport à 2012. Par contre, les crédits accordés par les sociétés de financement n’ont évolué que de 0,9%, à 53,86 milliards de DH. Cette structure par type de prêteur est normale en raison du fait que le gros du crédit est destiné à l’immobilier, et ce sont les banques quasi-exclusivement qui financent cette demande. En 2013, l’encours des crédits à l’immobilier octroyés par les banques s’établit à 143,34 milliards de DH, en hausse de 5% par rapport à 2012. On est certes loin des progressions à deux chiffres du milieu des années 2000, mais ça se maintient.

Forte hausse des créances en souffrance

Sur le segment du crédit à la consommation, les banques surclassent désormais les établissements spécialisés dans ce créneau. C’est ainsi qu’en 2013, les banques ont distribué 39,5 milliards de crédit à la consommation (+1,9%), contre 30,8 milliards (+0,5%) pour les sociétés de financement. Le passage des banques, depuis 2012, au premier rang en matière de financement des besoins de consommation reflète d’une part l’extraordinaire expansion du réseau bancaire, et, d’autre part, une plus grande compétitivité des banques en termes de coûts en particulier pour les salariés d’entreprises ayant conclu des conventions avec le secteur bancaire.

Cela dit, les banques, en prenant la première place dans la distribution du crédit à la consommation, et du crédit en général, ont du même coup augmenté leurs risques. En 2013, en effet, les créances en souffrance détenues sur les particuliers et les MRE ont augmenté de…48,6%, à 13,3 milliards de DH. Ce montant représente 30,1% de l’ensemble des créances en souffrance des banques.

Mais compte tenu de l’atonie de l’activité économique en général, et du peu d’opportunité en matière de projets d’investissement bancables, les banques n’ont peut-être pas tellement le choix. En tout cas, dans une société où le consumérisme prend une place de plus en plus importante, les banques ne peuvent passer à côté d’un tel créneau, pour peu que les règles prudentielles soient respectées. Ce sur quoi veille la Banque centrale, bien entendu.