L’effet Logan tire le marché à  la hausse

Le segment des voitures importées s’essouffle.
Le marché devrait atteindre le seuil psychologique de 100 000 unités
par an avant 2011.

Afin février, les ventes de voitures de tourisme importées neuves ont totalisé 5 905 unités contre 5 791 pour la même période de l’année précédente. C’est dire que ce segment est en quasi-stagnation.

Toutes les marques ne sont pas logées à la même enseigne. Toyota continue de tenir le haut de l’affiche, progressant de près de 21 % comparativement aux deux premiers mois de 2005, à 993 unités. Elle est suivie d’assez loin par Peugeot, avec 687 voitures vendues, mais qui accuse une baisse de 15 %. Renault suit la même trajectoire, marquant un recul de près de 18 % à 572 unités. Ces deux marques françaises relèvent toutefois la tête grâce au segment du CKD (voitures assemblées localement), dont les ventes sont passées de 1 855 unités pour les deux premiers mois de 2005 à 4 466 en 2006. Cette évolution est largement profitable à Renault, et ce grâce à la Logan. Avec plus de 2 212 voitures, cette marque représente plus de la moitié des ventes de CKD. Nicolas Beguin, en charge de la communication chez Renault Maroc, affirme que, pour le seul mois de février, 1 279 unités ont été écoulées.

1,5 million d’acheteurs potentiels
Mohamed Larhouati, président de l’AIVAM (Association des importateurs de véhicules importés neufs), parle de l’effet Logan, mais le relie à la progression naturelle que connaît le marché dans le pays. Contrairement à certains professionnels, la progression du secteur en 2005, par rapport à 2004 -17 %, à 70 000 unités dont 6 000 utilitaires -, ne l’étonne guère. A son avis, cette tendance n’en est qu’à ses débuts puisque beaucoup de facteurs favorisent son maintien, à commencer par un taux de motorisation très faible au Maroc (40 véhicules pour 1 000 habitants, ce qui se situe loin derrière des pays comparables comme la Tunisie ou l’Algérie).

Le président de l’AIVAM estime qu’il y a quelque 1,5 million de personnes dont le revenu peut supporter l’achat d’une voiture et, la diversification des gammes aidant – on peut avoir une voiture à partir de 72 000 DH -, on devrait multiplier par deux, à terme, le parc de 1,7 million de véhicules circulant dans le pays. Mohamed Larhouati prévoit ainsi que le seuil psychologique des 100 000 véhicules vendus par an au Maroc devrait être franchi dans les cinq années à venir et, en tout cas, avant 2010.

Le prix des voitures est appelé à baisser
D’autres éléments confortent son analyse, comme l’évolution du pouvoir d’achat ou encore l’inventivité que connaissent les formules de financement, conjuguées à la stagnation des ventes des véhicules d’occasion. Et puis, le prix des voitures est appelé à baisser puisque le compte à rebours de la suppression des droits de douane a commencé dès 2003 pour une disparition annoncée à l’horizon 2011. Aujourd’hui, ces droits sont déjà tombés à 28 %. En un mot, le secteur a le vent en poupe !