Le triste quotidien des animaux du zoo d’AIN SEBAA à  Casablanca

Les autorités ne semblent pas se presser, le Conseil de la ville se prononcera sur le dossier après l’avis de l’arrondissement d’Aïn Sebà¢a. Le réaménagement devrait prendre deux ans à  partir de la signature de la convention de maîtrise d’ouvrage déléguée. La superficie passera de 2.5 ha à  10 ha.

Les animaux du parc zoologique d’Aïn Sebâa auront-ils bientôt de quoi se réjouir ? C’est en tout cas ce que laissait penser au premier abord l’ordre du jour du Conseil de la ville de Casablanca où figure justement la question du zoo. Initialement prévue le 27 février, cette réunion a été reportée pour mars. Les élus ont entre-temps suggéré que le dossier soit d’abord étudié par l’arrondissement d’Aïn Sebâa pour lui permettre de donner son avis à la Commission chargée de la culture au sein du Conseil de la ville, lequel pourra statuer sur la question lors de sa prochaine réunion. L’arrondissement d’Ain Sebâa est aussi invité à se prononcer sur un projet de convention de maîtrise d’ouvrage déléguée. Dès qu’elle aura donné son aval, cette convention liant le maître d’ouvrage, à savoir Casa-Aménagement, non officiellement désigné pour l’instant, à la wilaya et la commune urbaine pourra donc enfin être signée.

Une chose est cependant sûre, le zoo sera réaménagé et restera ouvert au public -les animaux ne seront donc pas déplacés- pendant les travaux qui devraient durer 2 ans à partir de la signature de la convention. La superficie sera portée de 2,5 ha à 10 ha.
Le coût global des travaux de réaménagement n’est pas encore communiqué, mais on sait déjà que 5 MDH sont alloués à Casa-Aménagement pour la réalisation des études préliminaires. Il restera ensuite aux autorités publiques, propriétaires du zoo, de débloquer les fonds nécessaires.

Une entrée à 2 DH ne permet pas d’entretenir un zoo selon  les standards internationaux

Sur place, on nous affirme qu’une visite récente d’«une commission» a été effectuée ces derniers jours pour inspecter les lieux. Cela semble présager d’une accélération dans le traitement du dossier. Reste à savoir si les parties concernées ont conscience de l’urgence de la situation. Il faut dire que ce parc, qui a ouvert ses portes en 1928, est dans un état lamentable depuis bien des années, voire des décennies. La société civile ne cesse depuis longtemps, à travers ses pétitions et sa présence sur les réseaux sociaux, de bousculer les autorités publiques sur le sujet mais rien n’y fait. Le zoo dépérit de jour en jour. Les animaux encore présents au parc –certains ont eu la chance d’être transférés au nouveau zoo de Rabat– sont loin d’être dans un environnement idéal. Les cages, en dehors du fait qu’elles soient petites et loin d’être agréables à vivre, sont surtout mal entretenues. Les animaux tentent tant bien que mal de survivre au milieu de la boue, parfois sans eau et sans divertissement pour leur faire tuer le temps. Il en est ainsi du sanglier qui, pour occuper ses tristes journées, passe son temps à tourner en rond dans une vieille cage alors que ses deux compagnons d’infortune cherchent à trouver le sommeil.

Le manque d’entretien des locaux fait le bonheur des pigeons et autres piafs qui parviennent par les ouvertures de la grille datant de Mathusalem à entrer dans les cages des poules d’Asie ou du paon bleu pour se servir sans ménagement dans les mangeoires de ceux-ci. Sans parler des rats que nous n’avons pas eu la «chance» de voir se faufiler par ce temps hivernal dans les cages. Que dire encore de tous ces animaux qui, à la vue des visiteurs, se précipitent vers la grille pour réclamer à manger sinon qu’avec une entrée à 2 DH pour les adultes et seulement 1 DH pour les enfants, il est impossible d’entretenir un zoo selon les standards internationaux.