Le taux de couverture des importations par les exportations descend à  48.3% à  fin août

Le flux des importations a ralenti, mais le déficit commercial continue de se creuser. Les exportations, peu diversifiées, progressent à  un rythme modéré.

Réduire coûte que coûte le déficit commercial ou équilibrer le solde en tentant de donner un coup de frein aux importations : le gouvernement a fait de cet objectif une priorité parce que les comptes extérieurs sont mis à rude épreuve. De mois en mois, on s’aperçoit que même si les exportations progressent (+3,3%, à 120 milliards de DH à fin août), le taux de couverture des importations n’arrête pas de décrocher. A fin août, il s’est établi à 48,3% contre 48,9% une année auparavant, le déficit commercial étant passé de 121,3 milliards de DH à 128,6 milliards sur la même période, soit une aggravation de 6,1%. L’équation, et c’est ce qui fait réagir les pouvoirs publics, c’est que le rythme de croissance des importations, du moins en valeur, est plus élevé même si un ralentissement est perceptible. Sur la période considérée, la valeur (CAF) a augmenté de 4,7%, à 248,6 milliards de DH.

En vérité, cette évolution peut être admise, surtout pour un pays non pétrolier obligé de payer cher ses approvisionnements. Qui plus est le Maroc est tenu de s’équiper en machines et autres biens d’équipement. Forcément, cela se sent sur la facture finale. Illustration, les importations de produits énergétiques se sont élevées à 64,7 milliards de DH contre 60,1 milliards un an auparavant, soit une appréciation de 7,6% ou 4,6 milliards de DH. Ce poste représente 26% de la facture totale. La valeur des biens d’équipement importés (voitures industrielles, machines, avions, matériel de génie civil…) a aussi augmenté de 9,5%, à 49 milliards de DH. Ces deux groupes constituent 46% des importations.

Compte tenu de ces contraintes, ce n’est pas tant la traque des produits «dits non indispensables» -cette politique a ses limites- qui constitue la solution au déficit commercial que la diversification de l’offre dédiée aux marchés étrangers.

Hausse sensible des IDE

Les phosphates et dérivés, le textile et les produits agricoles et de la mer continuent en effet d’occuper les premiers rangs, malgré la poussée d’autres secteurs comme l’équipement automobile.
A ces problèmes structurels s’ajoutent les effets de la crise qui pèsent, in fine, sur les autres postes de la balance courante. Par exemple, le solde des recettes voyages reste positif, mais il s’est déprécié de 2,4 milliards à fin août, passant de 33,17 milliards à 30,7 milliards.

Quant aux recettes MRE, elles sont arrêtées à 38,07 milliards de DH contre 38,77 milliards pour les huit premiers mois de 2011. L’une des rares satisfactions est que les investissements privés directs étrangers sont en hausse (18,37 milliards de DH contre 17,76 milliards), signe que le pays reste attractif. Mais il faudra aussi que ses produits le soient davantage à l’étranger.