Le sud-coréen KT&G veut vendre ses cigarettes au Maroc

Des discussions sont engagées avec de gros distributeurs locaux. Le groupe dispose d’un portefeuille de 20 marques dont la plus vendue dans le monde est « Esse ».

Des cigarettes sud-coréennes au Maroc ? C’est peut-être pour bientôt. EAJ International, représentant officiel de KT&G pour l’Afrique basé au Liban, est en train de prospecter le marché national à la recherche d’un distributeur. Des discussions sont même engagées avec des enseignes bien connues sur la place. Selon une source bien informée, le groupe sud-coréen a l’intention, si tout se passe bien, de débarquer avec un produit concurrent à la marque Marquise qui constitue près de la moitié des 16 milliards de cigarettes fumées au Maroc chaque année. En cherchant à bousculer Imperial Tobacco, seul fabriquant local, sur le segment très lucratif du tabac blond, KT&G affiche clairement ses ambitions. Mais il lui faudra avant tout trouver le partenaire idoine, ce qui n’est pas une sinécure en raison des barrières à l’entrée dressées par la loi 46-02 relative au régime des tabacs et tabacs manufacturés. Par exemple, le distributeur doit conclure des contrats d’approvisionnement avec au moins 10 débitants par préfecture ou province. Au regard du découpage administratif, il faudra au minimum 800 commerçants à approvisionner régulièrement, sans rupture de stock. Cela va sans dire que des investissements additionnels significatifs seront nécessaires pour toucher tous les recoins du pays, même si l’éventuel partenaire dispose d’une logistique bien rodée.

Parallèlement au Maroc, il va s’attaquer à la Tunisie et à l’Algérie

Hormis Imperial Tabacco, KT&G trouvera sur le marché marocain, officiellement libéralisé en janvier 2011, Batem, filiale de British American Tobacco, qui distribue Dunhill, Pall Mall et Kent, et North African Tobacco Company (NATC), filiale de Japan Tobacco International à laquelle sont confiées les marques Winston, Camel et Benson & Hedges.

Cinquième producteur mondial de cigarettes avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 2,5 milliards de dollars, le groupe sud-coréen, également présent dans l’immobilier, l’industrie pharmaceutique, le bio et les aliments fonctionnels, semble avoir les reins solides pour affronter cette concurrence. Il propose une vingtaine de marques dont la plus vendue dans le monde et en Corée est «Esse» qui a réussi à faire son entrée en France, au Portugal et en Autriche après avoir assis sa popularité en Russie, Iran, Thaïlande et Irak. Preuve de sa soif de conquête, le groupe vend désormais ses produits en Egypte, au Nigéria, en Libye et en Afrique de l’Ouest. Des négociations sont aussi en cours avec, entre autres, des opérateurs algériens, tunisiens et sud-africains.