Le secteur avicole mis à  mal par la baisse des prix de vente du poulet

Le chiffre d’affaires sectoriel devrait se stabiliser à  près de 30 milliards de DH. Les professionnels craignent les retombées d’une offre excédentaire de poussins d’un jour de type chair. Ils veulent développer les exportations vers le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.

L’année 2014 aura été difficile pour l’aviculture. Et ceci en raison, selon les explications données par Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), «de la baisse du prix de vente à la ferme des produits avicoles, souvent en dessous des coûts de revient». Pour 2015, les professionnels ne sont pas optimistes sur l’évolution du marché. «Nos prévisions sont alarmantes car l’offre de poussins d’un jour de type chair sera excédentaire. Le marché n’absorbera que 6 à 6,5 millions de poussins par semaine alors que la production effective est aujourd’hui supérieure à 7 millions de poussins par jour», dit M. Alaoui qui ne manque pas de souligner la mobilisation de la FISA, consciente de l’urgence de la situation, qui multiplie les concertations pour essayer de trouver des solutions en vue de juguler la crise. L’action des professionnels s’inscrit dans le cadre de la loi 03/12 relative aux interprofessions agricoles et halieutiques qui prévoit des accords permettant à l’interprofession de prendre des mesures pour éviter des fluctuations importantes du marché. La régulation de l’offre se fait naturellement selon le niveau des prix de vente des produits avicoles. Et lorsque les prix sont rémunérateurs pour les éleveurs, ceux-ci investissent pour augmenter la production. En 2013, le marché se chiffrait à 29,8 milliards de DH contre 29,6 milliards une année auparavant. Pour l’heure, la FISA ne communique pas de statistiques relatives à 2014 mais le chiffre d’affaires pourrait se stabiliser à ce niveau.
On retiendra que l’année dernière le secteur a produit 495 000 tonnes de viande blanche dont 420 000 tonnes de viande de poulet et 75 000 tonnes de viande de dinde. Cette dernière aura ainsi enregistré une évolution de 7% par rapport à 2012 alors que la viande de poulet a reculé de 5%. La consommation moyenne par tête d’habitant a légèrement régressé entre 2012 et 2013, passant de 16,70 à 16 kg/habitant. Pour l’année 2014, la consommation de viande blanche devrait, selon les professionnels, enregistrer une petite amélioration. La consommation des viandes rouges, en raison de la hausse du prix, a enregistré un recul durant cette année, ce qui devrait profiter à la viande de volaille en raison de son apport diététique et de son prix attractif qui oscille entre 12 et 15 DH le kilo et entre 17 et 20 DH pour la dinde.

La FISA a préparé un programme de prospection des marchés à l’export

Des produits de choix, la viande blanche et les œufs le sont effectivement, compte tenu de leur qualité nutritionnelle. La consommation moyenne d’œufs est de 156 unités par habitant, en hausse de 3% durant ces deux dernières années.
Le secteur dispose d’un fort potentiel d’exportation. Le Maroc a exporté 10,3 millions d’œufs à couver et 2,3 millions de poussins d’un jour en 2013  en Mauritanie, au Mali, au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
Il importe de souligner que les exportations ont enregistré une progression de 54% pour les œufs à couver et de 23% pour les poussins chair entre 2009 et 2013. Pour consolider ces performances, la FISA a soumis un programme d’action au ministère de l’industrie et du commerce et à Maroc Export consistant, entre autres, à mener une campagne de promotion dans les pays de l’Afrique du Nord et de l’Ouest. A ce propos, plusieurs contacts porteurs ont eu lieu avec des professionnels d’Algérie, du Burkina Faso, du Mali et du Niger à l’occasion de la dernière édition de Dawajine. Les discussions ont surtout porté, selon le président de la FISA, «sur les progrès techniques réalisés par le Maroc en matière de production avicole. Ce qui pourrait constituer des opportunités de partage avec les pays du Maghreb et de l’Afrique».
Reste que les professionnels sont conscients que la partie n’est pas gagnée: les exportateurs sont, d’une part, confrontés à des contraintes liées au fret aérien, notamment la cherté des frais, l’inadaptation de la logistique de transport aux volailles et aux produits périssables, l’irrégularité et l’insuffisance de la capacité de chargement, et, d’autre part, aux difficultés d’établissement des certificats sanitaires dans les marchés cibles. Autant de problématiques que les professionnels discutent avec les pouvoirs publics en vue d’optimiser les opportunités de l’export du secteur.