Le propriétaire de l’hôtel Movenpick de Tanger mécontent de la gestion de l’enseigne suisse

Une augmentation de capital de 360 MDH pour absorber les pertes a déjà  été entreprise. L’exploitation est pourtant bénéficiaire, l’hôtel enregistre un taux d’occupation de 65%, dont 20% assurés par le casino.

L’information se fait persistante. Rien ne va plus entre le propriétaire de l’hôtel Movenpick de Tanger, la société Malabata international corporation (MIC) appartenant au Prince saoudien Turki Ibn Abdulaziz, et l’enseigne suisse Movenpick. Le premier reproche à l’autre une mauvaise gestion et par conséquent des résultats non satisfaisants, à telle enseigne que la maison mère, Malabata international investment (MII), a procédé, il y a quelques semaines, à une augmentation de capital d’un montant de 360 MDH. Il s’agit en fait de la première phase d’une opération accordéon destinée à absorber les pertes de l’hôtel, et ce, dès la clôture de l’exercice comptable courant.

Est-ce à dire que le Movenpick Tanger est une mauvaise affaire ? Loin s’en faut, puisque cet hôtel 5* qui jouit d’une situation exceptionnelle a un des meilleurs taux d’occupation de la ville, voire du Maroc, soit 65%. Le seul casino, qui est géré par une société indépendante de droit marocain, a un allotement quotidien de 50 chambres, ce qui représente environ 20% du taux de remplissage de l’hôtel.
Ghassan Chalhoub, le DGA confirme, l’augmentation de capital dans le but d’absorber les pertes, mais précise que ce ne sont pas des pertes d’exploitation. L’établissement a au contraire dégagé en 2011 un bénéfice de 16 MDH, «ce qui est important en ces temps de crise où les hôteliers se battent pour ne pas perdre de l’argent», affirme-t-il. Les pertes sont principalement dues, selon lui, au poids des immobilisations dont la valeur atteint 500 MDH et qu’il faut amortir à hauteur de 50 millions par an.

Si donc mauvaise affaire il y a, elle trouve son origine au niveau du contrat de gestion signé entre MII et l’enseigne Movenpick, contrat qui a été signé pour une durée de 20 ans et dont le propriétaire aimerait en toute logique se libérer avant terme.

Un genre de litige qui, du reste, est courant dans le secteur, précise, sans trop vouloir s’attarder, le DGA du Movenpick dont le DG est nommé par l’enseigne suisse. M. Challoub estime que l’enseigne n’apporte pas un plus à la rentabilité de l’établissement en ne fournissant pas assez d’effort, notamment sur le plan commercial.

A la limite, MII ne rechignerait pas à gérer l’hôtel directement ou à le confier à une autre enseigne avec un contrat de gestion plus intéressant. Preuve en est qu’un plan de rénovation avec une touche marocaine est déjà ficelé.