Le projet de tunnel du Tichka remis en selle

La longueur de l’ouvrage destiné à  désenclaver Ouarzazate est de 11 km.
Un gain de temps de 40 mn entre Marrakech et Ouarzazate.

Le conseil provincial de Ouarzazate, fortement appuyé par le monde associatif et le Secrétariat d’Etat auprès du ministre de l’agriculture, chargé du développement rural – le secrétaire d’Etat, Mohamed Mohattane, a d’ailleurs fait le déplacement -, remet le projet du tunnel de Tichka en selle avec l’organisation d’une journée d’étude à  ce sujet. L’axe routier qui relie le Haouz à  Ouarzazate passe en effet par les chaà®nes du Haut-Atlas et culmine à  Tichka, à  près de 2 300 mètres d’altitude. Cela donne, sur les 180 km qui séparent Marrakech de Ouarzazate, 140 km de tracé sinueux, dangereux et parfois impraticable en hiver. Bref, la problématique est ancienne et, déjà , à  la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’intérêt pour les mines de manganèse avait nourri une réflexion sur les moyens de rendre la région plus accessible. Un groupe financier avait même réalisé et exploité un téléphérique durant une certaine période.

La solution la plus réaliste alors envisagée était celle d’un tunnel de près de 11 km sous le massif du Tidili pour accéder directement à  la vallée de l’Ourika. L’idée avait été retenue par la direction des travaux publics du Protectorat et reprise par la direction des routes du ministère de l’équipement qui avait réalisé quelques études préliminaires (en 1974, 1996 et 2002). Mais aucune de ses études ne permet de connaà®tre le délai de réalisation de l’ouvrage et son coût. On sait juste que le tunnel permettrait de gagner 40 mn en temps de conduite et de faire l’économie de 25 km de trajet. Concernant l’investissement nécessaire, on ne peut faire que des supputations, en prenant en compte la large fourchette de 14 millions d’euros (154 MDH) à  64 millions (704 MDH) le kilomètre.

Un vecteur de développement pour le Haouz
L’idéal serait d’avoir aussi bien une liaison routière que ferroviaire, auquel cas ces estimations devraient être revues à  la hausse. De toute façon, ce tunnel créerait une nouvelle dynamique avec la région du Haouz et pas exclusivement sur le plan touristique dans le cadre du plan Azur. D’autres conséquences sont prévisibles en termes de flux de marchandises et de réouverture des mines fermées pour cause de faible rentabilité. On pourrait dépasser le flux de 1 200 véhicules/j enregistré sur le tronçon.

La belle brochette de chercheurs et de techniciens de haut niveau qui a fait le déplacement ainsi que les représentants de plusieurs ministères ont eu des échanges poussés sur les moyens de relancer l’idée du tunnel. Reste maintenant aux décideurs à  veiller à  l’approfondissement de la réflexion pour que le projet puisse passer à  la phase de réalisation.