Le prix des bijoux flambe : 200 DH/g pour le «beldi» et 300 DH pour le «roumi»

La hausse des cours de la matière première est à  l’origine de cette situation Au cours de l’été, le prix du gramme augmente de 10 à  20 DH et les bijoutiers réalisent 20% de leur chiffre d’affaires au cours de l’été.

Al’instar du prix des autres métaux, l’or a également vu son cours grimper de façon considérable. Sur les marchés internationaux, le prix de l’once d’or est passé de 280 dollars en 2000 à 860 dollars actuellement. Cette hausse est bien sûr ressentie sur le marché de la bijouterie au Maroc. Aujourd’hui, le prix du gramme a atteint les 200 DH contre 130 à la même période de l’année dernière, dans ces bijouteries du circuit traditionnel des kissariats situés dans les quartiers de Derb Soltane et Hay Hassani où l’on commercialise des articles beldi.

Pour ce qui est des articles façon roumi qui sont aussi, mais dans une moindre mesure, en vente dans ces mêmes bijouteries, le gramme se négocie entre 250 et 300 DH.
Au-delà de la variation due à l’évolution du cours international de l’or, deux autres éléments, dit-on dans le milieu, font varier, chaque année en été, le prix de l’or: le retour au pays des MRE et les mariages.

Ces facteurs concernent pour l’essentiel les bijoutiers de la filière traditionnelle qui réalisent 15 à 20% de leur chiffre d’affaires annuel pendant cette période. Habituellement, le prix du gramme augmente de 10 à 20 DH par rapport au reste de l’année.

Pour les MRE, les bijoux constituent une épargne sûre
En revanche, dans les boutiques huppées, l’arrivée des MRE ou les mariages n’ont aucun impact sur le prix qui varie en fonction des modèles et des pierres utilisées et, évidemment, du coût de la matière première. L’activité se maintient durant toute l’année. «Les clientes suivent les tendances de la mode. Elles achètent quelle que soit la période de l’année et revendent très rarement leurs bijoux», explique le gérant d’une bijouterie de luxe. Il est utile de souligner que le prix est négociable dans les kissariats, alors qu’il est fixe dans les bijouteries dites modernes.

Raison pour laquelle c’est la possibilité de marchander qui détermine souvent le choix du lieu d’achat des bijoux. Dans la profession, on fait remarquer que 80% des bijoutiers font du beldi et 20% seulement interviennent dans le créneau roumi. En revanche, les avis sont divergents en ce qui concerne l’orientation de la demande.

Certains connaisseurs du secteur indiquent que la tendance est aux bijoux finement travaillés, modernes et en or blanc, disponibles surtout dans les bijouteries de luxe dont la majorité des articles sont de haut standing. Mais dans les galeries populaires (Hay Hassani et Derb Soltane), les bijoutiers s’accordent à dire que c’est le beldi qui a la cote.

La demande porte essentiellement sur les sertlas, les nbalas et autres mdamas (ceinture en or sertie de pierres). Elle provient en grande partie des MRE pour qui les gros bijoux en or façon beldi constituent une épargne sûre. En effet, raconte un bijoutier, «les clientes, en général des MRE, reviennent l’année suivante pour vendre leurs bijoux pour investir dans l’immobilier ou simplement changer de modèle». Et d’ajouter qu’il y a «toujours un courant d’affaires intéressant avec cette clientèle».

L’autre segment de la clientèle est constitué de fonctionnaires et d’ouvrières à qui des facilités de paiement sont accordées : les échéances sont fixées au mois et l’article n’est remis à l’acheteur qu’une fois toutes les échéances payées. Ce système n’est pas du tout en vogue dans les bijouteries huppées où le paiement se fait cash. En ce qui concerne la marge bénéficiaire, elle varie d’une filière à une autre et en fonction du marchandage. Si pour les bijoux beldi, cette marge est de 5 à 6 DH pour un gramme, elle peut aller de 1 000 à 2 000 DH pour un article roumi.