Le prix de l’huile pourrait augmenter de 10 %

Les cours des matières premières ont augmenté de 20% depuis le début de l’année.
Le marché en attente des récoltes de matières premières.

Mis sous surveillance sur décision du ministère des affaires économiques et générales, suite à l’enquête qui a révélé des cas de dumping, le secteur oléicole connaît de nouveau quelques perturbations. Certains opérateurs, notamment la filiale du groupe saoudien Savola (déjà épinglée) et quelques petites entreprises, sont accusés de reprendre leurs pratiques déloyales, en l’occurrence la vente à perte. «Le marché a connu une petite accalmie au cours des mois de janvier et février, il a connu une perturbation au niveau des prix en mars», indique Ahmed Rahhou, PDG de Lesieur Cristal. Le décalage des prix de vente serait, selon cette même source, de l’ordre de 10%. Cela alors que du côté de Savola Maroc, on dit respecter la décision du ministère. Aujourd’hui, la balle est dans le camp des autorités, qui ont intimé, à la fin 2006, aux industriels d’agir dans le cadre d’une concurrence loyale. Les opérateurs sont tenus d’adresser, selon la procédure, leurs résultats trimestriels au département des affaires générales afin que ce dernier vérifie la conformité des prix aux charges.

La décision d’augmentation sera prise d’ici l’été
Le retour de la concurrence déloyale, s’il est confirmé, mettra davantage en danger le secteur. Car si les opérateurs considèrent que le marché a encore une capacité d’absorber les pertes, ils ne manquent pas de souligner que les petites unités, qui n’ont pas une grande capacité de résistance, risquent de disparaître. Certains vont même jusqu’à dire que la filière oléicole en entier pourrait pâtir des pratiques déloyales. Ceci d’autant plus que le prix des matières premières est en hausse depuis le début de 2007. La progression est estimée à 20% selon les opérateurs. Le coût de l’huile brute est ainsi passé de 5 000 DH la tonne à la fin 2006 à 6 000 actuellement. Le prix du soja est passé de 2 500 à 3100 DH la tonne et le tournesol de 2 800 à 3 500 DH.
Les opérateurs vont-ils répercuter cette hausse sur le prix de vente ? Chez Lesieur Cristal, qui revendique la place de leader avec une part de 60%, aucune décision n’est encore prise. Mais ses responsables notent que l’entreprise ne «s’inscrit pas dans une logique de répercussion immédiate des variations, hausse ou baisse, des prix. Elle n’a lieu que lorsque la hausse des coûts des matières premières s’inscrit dans la durée». Aujourd’hui, la hausse se maintient, mais la décision d’augmentation de prix ne sera prise qu’à la fin de la récolte en Amérique du sud. Autrement dit, dans un ou deux mois, le prix de l’huile pourrait connaître une augmentation de 10% si la situation persiste.