Le poids de l’investissement national privé devrait se renforcer en 2015

De 49%, sa part est passée à  55% des projets agréés par la commission d’investissement sur les cinq dernières années. Les investisseurs peuvent dorénavant agréger plusieurs projets pour bénéficier des subventions et exonérations réservées aux programmes de plus de 100 MDH.

L’investissement national privé renvoie des signes de rétablissement. C’est du moins ce que traduisent les chiffres récemment dévoilés par l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI). Selon son directeur général, d’après l’analyse approfondie faite par ses équipes des projets présentés à la commission d’investissement sur la période allant de 1999 à 2014, les dossiers des investisseurs nationaux représentent dorénavant 55% du total. Cette part se limitait à 49% en 1999 et 2011. Le retour des investisseurs nationaux en masse est expliqué par trois raisons majeures. En premier lieu, au vu du contexte mondial qui prévaut depuis 2009, l’investisseur international est plus prudent quant à ses choix de prendre pied sur un marché qui lui est étranger. La deuxième raison est la dynamique récente induite par les grands projets que connaît le Maroc notamment dans quelques métiers mondiaux et dans le secteur des énergies renouvelables. Plusieurs PME ont monté leurs investissements autour des grands groupes. «Aussi, il y a certainement l’effet du Plan d’accélération industriel dont le dispositif de soutien à l’investissement a encouragé plusieurs opérateurs à franchir le pas», ajoute M. Ben Elafdil.

Sur l’ensemble des projets présentés à la commission d’investissement sur la même période (5 dernières années), 75% concernent le secteur industriel. Ce qui dénote également d’un revirement au niveau de la nature des projets et un appétit plus prononcé pour l’industrie.

Cette bonne orientation de l’investissement national, rapportée également par les chiffres de plusieurs Centres régionaux d’investissement, est appelée à se consolider compte tenu des dispositions prises par l’AMDI dans sa nouvelle stratégie. En effet, l’agence promet de mettre l’investisseur national au cœur de ses préoccupations. Pour son directeur général, l’un des chantiers majeurs en 2015 est celui de changer la perception selon laquelle l’investisseur étranger est mieux traité que l’investisseur national. «Nous sommes sur un marché d’investissement très concurrentiel qui nous oblige à ratisser large et donc à attirer les nationaux au même titre que les étrangers», argumente M. Ben Elafdil.

L’accent sera mis sur les statistiques de l’investissement privé

Dans le même ordre d’idées, le DG de l’AMDI insiste sur l’effet catalyseur que peuvent jouer les deux nouvelles dispositions de la Loi de finances 2015 sur l’investissement privé. En effet, depuis janvier, les investissements d’un montant supérieur ou égal à 100 MDH sont subventionnés et exonérés de TVA et de droits d’importation. D’autre part, la durée pour bénéficier de l’exonération de la TVA et des droits d’importation pour les nouvelles sociétés est allongée à 36 mois au lieu de 24 mois auparavant. De plus, la nouvelle loi retient la notion de programme d’investissement au lieu de projet. Ce qui veut dire que plusieurs projets de montants bien inférieurs au seuil de 100 MDH peuvent être agrégés et bénéficier ainsi de l’exonération à leur tour. En plus, ces projets peuvent être subventionnés à travers une participation de l’Etat qui peut atteindre 25% de l’investissement. L’Etat peut également financer les coûts d’infrastructures, dans la limite de 5% du coût du projet.

Soulignons qu’un planning des commissions d’investissement et des dossiers programmés sera mis en ligne sur le portail de l’AMDI, et sera mis à jour régulièrement pour permettre aux investisseurs de suivre la programmation et le sort de leur dossier.

Par ailleurs, le management de l’AMDI promet de mettre l’accent sur les statistiques de l’investissement privé pour un meilleur suivi.