Le parcours de deux femmes entrepreneurs dans le recyclage des déchets

• Depuis dix ans, Rachida Zakri et Oumaima El Biadi ont investi dans l’activité.
• Magval Partners recycle plus de 500 tonnes de déchets/an dans la périphérie d’Agadir.

La valorisation des déchets est un énorme gisement encore à exploiter. Le volume total des déchets au niveau national était estimé à 26,8 millions de tonnes en 2015 et devrait atteindre 39 millions de tonnes en 2030. Pour l’heure les déchets générés par les activités économiques présentent un potentiel de 1,7 million de tonnes, dont la part recyclée n’est que de 641 000 tonnes. C’est dire le potentiel à recycler. Si, pour le moment, cette activité reste fortement dominée par l’informel à près de 80%, des entreprises structurées sont de plus en plus nombreuses à y investir. C’est dans ce domaine où prédominent la gente masculine, que se sont lancées dans un concours de circonstances deux jeunes femmes entrepreneurs de la région du Souss depuis 2011.
Une aventure pleine de découvertes et de défis à relever depuis le premier jour pour Rachida Zakri et Oumaïma El Biadi, toutes deux fondatrices de Magval Parteners et associées à des investisseurs étrangers, des partenaires réunis pour la collecte, le tri et prétraitement des matières recyclables. Tout a commencé par la recherche d’un terrain dans la périphérie d’Agadir. Elles finirent par louer un terrain à proximité de l’axe routier reliant Agadir à Inezgane et Ait Melloul. C’est d’abord le potentiel de recyclage des batteries usagées qui sera leur première expérience. Mais elles s’aperçoivent rapidement que l’activité mobilise beaucoup d’argent avant de faire du volume. Elles décident alors de miser sur d’autres matières recyclables tel le carton et le plastique. Ce dernier offre un potentiel de plus d’un million de tonnes de déchets, mais à peine 70 000 tonnes, soit 7%, de ces déchets sont recyclés. Très vite, les dirigeantes de Magval mettent en place une démarche intégrée pour proposer un service complet en la matière aux entreprises. «Nous offrons une solution pour les matières recyclables et une traçabilité du déchet collecté», avance Rachida Zakri. Aujourd’hui, la société compte une vingtaine de conventions avec des établissements de divers secteurs pour la collecte de leurs déchets recyclables. A leur actif, plus de 500 tonnes par an de déchets recyclés. Mais, dans ce domaine marqué par l’informel, il reste tout de même difficile de se faire une marge bénéficiaire quand on est une entreprise structurée avec toutes les charges que cela impose. Pour l’associée gérante de Magval Parteners, Oumaima El Biadi, la loi 28.00 compte beaucoup de contraintes pour le secteur structuré, sur lesquelles il faut se pencher pour faire avancer l’activité du recyclage. Pour défendre leurs intérêts, les deux jeunes dirigeantes ont adhéré à un GIE constitué dans le Souss Massa, qui réunit des entreprises de l’activité. Il s’agit d’un groupement pour l’amélioration du traitement des déchets des installations de plasturgies dans le Souss Massa.