Le ministère veut multiplier par trois le chiffre d’affaires des mines, hors phosphates

Le projet de code minier est en discussion à  la commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement de la 1ère Chambre. L’objectif fixé est de multiplier par dix les investissements en recherche et exploration et par deux le nombre d’emplois directs qui seront créés.

Abdelkader Amara, ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, nourrit de grandes ambitions pour les secteurs dont il a la charge, en particulier celui des mines. Pourquoi ? Parce que, en dehors des phosphates, les autres minerais dont regorge le pays ne sont pas assez développés, voire faiblement développés. On peut dire que, pour l’essentiel, l’industrie minière se réduit à l’industrie «phosphatière» qui représente 90% de la production, selon les indications du département de tutelle.
C’est pour cette raison qu’un projet de code minier, actuellement à l’examen au Parlement, a été élaboré.

M. Amara en a fait une présentation la semaine dernière devant la commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement de la Chambre des représentants, et c’était une occasion pour lui de rappeler la situation qui prévaut actuellement dans cette activité. Ainsi, on apprend que le chiffre d’affaires global du secteur minier, hors phosphates, ne dépasse pas 5 milliards de DH par an ; que les investissements de recherche et d’exploration plafonnent à quelque 400 MDH par an ; que l’ensemble des emplois créés dans le secteur sont limités à 15 000 postes; et qu’enfin, un certain nombre de mines ont été fermées sans que de nouvelles en soient découvertes en raison précisément du manque d’investissements dans la recherche et l’exploration.

La couverture géologique du pays est de près de 36%

Le problème cependant est que pour investir dans la recherche, il est absolument nécessaire d’avoir de la visibilité à deux niveaux : législatif et cartographique. C’est ce à quoi s’est attelé le ministère en mettant au point le projet de code minier, d’une part, et en réhabilitant la direction de la géologie, supprimée pendant quelques années, et désormais partie intégrante de l’organigramme du ministère, d’autre part. Une cartographie géologique assez développée est en effet le préalable sans lequel les investisseurs préfèrent ne pas trop s’aventurer dans cette activité très fortement capitalistique.

Selon les données du ministère, la couverture géologique du pays est aujourd’hui de près de 36% ; la cartographie géophysique de 42% et la cartographie géochimique de 8,2%, contre respectivement 20%, 10% et 0% en 1996. En près de 20 ans, il y a un progrès à ce niveau, mais il reste encore beaucoup à faire. Avec un code minier plus attractif et une couverture cartographique plus avancée, le ministère ambitionne de multiplier par dix le montant des investissements en recherche et prospection, par trois le chiffre d’affaires du secteur, hors phosphates, et par deux le nombre d’emplois directs qui seront créés sur les dix prochaines années.